Emmanuel Eggermont revisite librement ses quinze ans de collaboration avec le chorégraphe allemand Raimund Hoghe, dramaturge de Pina Bausch. Véritable élégie dansée, cette pièce remarquable d’intériorité est à couper le souffle.
Après sa chatoyante création de groupe dédiée à Monet All over Nympheas et son sublime solo Aberration, Emmanuel Eggermont réinvestit le plateau du Théâtre Saragosse. Dans About Love and Death, la gestuelle singulière du chorégraphe s’exprime autant que la palette iconographique et musicale de Raimund Hoghe. De la fantaisie d’un faune fantasmé à l’élégance cocasse d’un Gene Kelly dansant sous la pluie, en passant par la fougue syncopée d’une Joséphine Baker, ce florilège revisite des fragments de l’œuvre chorégraphique du dramaturge allemand, avec pour toile de fond les thèmes inépuisables de l’amour et de la mort. Emmanuel Eggermont s’en empare en caméléon habile, s’autorisant parfois une matière plus personnelle. Muni d’accessoires symboliques, verres remplis de sable blanc, costume noir, escarpins, couverture de survie et accompagné par une bande sonore éclectique allant de Claude Debussy à Freddie Mercury, il transforme le deuil en célébration poétique. À la fois exubérant, tendre et d’une grande délicatesse About Love and Death égrène avec bonheur les références pour nous transmettre un héritage inestimable.
Conception, chorégraphie et interprétation Emmanuel Eggermont / Collaboration artistique Jihyé Jung / Création lumière Alice Dussart / Régie sonore Julien Lepreux / Remerciements Kite Vollard / Production et diffusion Sylvia Courty, Boom’Structur / Administration de production Violaine Kalouaz, Filage / Crédit photo Jihye Jung

Production L’Anthracite. Coproduction CCNT direction Thomas Lebrun, Le Gymnase CDCN Roubaix Hauts-de- France, CCAM / Scène Nationale de Vandoeuvre, Les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine- Saint-Denis, Charleroi Danse – Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie- Bruxelles. Avec les aides de la DRAC Hauts-de- France et de la Région Hauts-de-France.
Emmanuel Eggermont revisite librement ses quinze ans de collaboration avec le chorégraphe allemand Raimund Hoghe, dramaturge de Pina Bausch. Véritable élégie dansée, cette pièce remarquable d’intériorité est à couper le souffle.
Après sa chatoyante création de groupe dédiée à Monet All over Nympheas et son sublime solo Aberration, Emmanuel Eggermont réinvestit le plateau du Théâtre Saragosse. Dans About Love and Death, la gestuelle singulière du chorégraphe s’exprime autant que la palette iconographique et musicale de Raimund Hoghe. De la fantaisie d’un faune fantasmé à l’élégance cocasse d’un Gene Kelly dansant sous la pluie, en passant par la fougue syncopée d’une Joséphine Baker, ce florilège revisite des fragments de l’œuvre chorégraphique du dramaturge allemand, avec pour toile de fond les thèmes inépuisables de l’amour et de la mort. Emmanuel Eggermont s’en empare en caméléon habile, s’autorisant parfois une matière plus personnelle. Muni d’accessoires symboliques, verres remplis de sable blanc, costume noir, escarpins, couverture de survie et accompagné par une bande sonore éclectique allant de Claude Debussy à Freddie Mercury, il transforme le deuil en célébration poétique. À la fois exubérant, tendre et d’une grande délicatesse About Love and Death égrène avec bonheur les références pour nous transmettre un héritage inestimable.
Conception, chorégraphie et interprétation Emmanuel Eggermont / Collaboration artistique Jihyé Jung / Création lumière Alice Dussart / Régie sonore Julien Lepreux / Remerciements Kite Vollard / Production et diffusion Sylvia Courty, Boom’Structur / Administration de production Violaine Kalouaz, Filage / Crédit photo Jihye Jung
Introduction au spectacle
Emmanuel Eggermont propose un éclairage sur l’univers artistique de celui qui fut son mentor. Figure majeure de la danse contemporaine, le chorégraphe allemand Raimund Hoghe laisse derrière lui une œuvre d’une forte singularité. Emmanuel Eggermont donne ici des clés de lecture pour mieux saisir les principes fondamentaux de ses créations.
Workshop danse
tous publics – tarif unique 25€ + 14€ pour le spectacle
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Pour rencontrer les artistes, comprendre leur démarche de création, traverser de nouvelles expériences ou simplement passer un moment ensemble… rien de tel que de faire, alors rejoignez-nous !
Emmanuel Eggermont propose un temps d’immersion dans son univers chorégraphique. Au cours de ce workshop, les participant·es exploreront certains principes qui nourrissent son écriture : la précision du geste, la qualité de présence, l’attention portée aux perceptions et les possibilités de composition du mouvement.
À travers des exercices guidés, des temps d’exploration et d’improvisation, Emmanuel Eggermont invite chacun·e à développer sa propre matière corporelle et à expérimenter différentes façons de construire et d’organiser le mouvement. Un rendez-vous pour découvrir une approche singulière de la danse contemporaine et entrer en résonance avec les recherches artistiques développées dans About Love and Death.
Emmanuel Eggermont
Diplômé du Centre National de Danse Contemporaine d’Angers (2000), Emmanuel Eggermont fait ses débuts de danseur à Madrid auprès de Carmen Werner. Fasciné par la découverte d’autres cultures, il séjourne également deux ans en Corée du Sud pour y mener un projet mêlant pédagogie et chorégraphie. Cette période - ainsi que sa collaboration de quinze ans avec Raimund Hoghe (Boléro Variations, Si je meurs laissez le balcon ouvert, L’Après-midi...) - marque son travail en lui insufflant un goût pour l’essence des choses, la sincérité au plateau et l’humanité.
De 2010 à 2016, Emmanuel Eggermont questionne sa pratique en résidence de recherche à L’L (lieu de recherche expérimentale en arts de la scène à Bruxelles). Un processus qui a abouti à plusieurs pièces, dont Vorspiel (2013), pièce soutenue par l’ensemble des CDCN, pour laquelle il invite musiciens, acteurs et plasticiens à se joindre à la représentation. Dès lors, il développe ses projets au sein de sa compagnie L’Anthracite (Lille). Avec un goût tangible pour les arts plastiques et l’architecture, des images aux résonances expressionnistes y côtoient une danse abstraite et des tonalités performatives. L’influence des arts plastiques se manifeste par des collaborations régulières avec la photographe Jihyé Jung et avec des artistes plasticiens, notamment avec Diogo Pimentao lors de performances dans des galeries ou des musées.
En 2014, Emmanuel Eggermont participe aux sujets à Vif au festival d’Avignon. En 2015, il est lauréat de la bourse Beaumarchais - SACD pour la création de Strange Fruit crée au FRAC Alsace, projet de regards croisés artistiques autour d’une archive historique récemment découverte. En 2017, il entame un cycle d’études « chromato-chorégraphique » avec ?o ?(Polis), une monochromie au noir en référence à l’outre-noir du peintre Pierre Soulages. La Méthode des Phosphènes (2019), commande du Gymnase CDCN pour le jeune public, interroge notre perception du réel à travers l’étude de ce phénomène de rémanence lumineuse. Et le solo Aberration (2020) étudie la reconstruction personnelle après la déviation d’une trajectoire de vie dans une monochromie au blanc.
All Over Nymphéas (2022), quintette présenté au Festival In d’Avignon 2022, vient compléter cette étude en questionnant la notion de « motif », comme élément pictural et comme raison d’agir en ces temps troublés.
Emmanuel Eggermont est artiste associé au Centre Chorégraphique National de Tours de 2019 à 2023.
Sur About Love and Death
Quatre ans après la disparition du chorégraphe allemand avec lequel il a collaboré pendant une quinzaine d’années, Emmanuel Eggermont livre un solo en forme d’élégie à la mémoire de cet être cher. Légataire de ses œuvres chorégraphiques, il s’interroge sur la filiation dans le champ chorégraphique. Mettre ses pas dans ceux de son mentor avec un infini respect, mais aussi une soif de liberté, entremêler les matières chorégraphiques et les répertoires iconographiques et musicaux, les faire se répondre...
Pas question ici de feuilleter un catalogue. Le solo qu’il déroule avec une précision d’orfèvre ciselé dans chaque changement de vêtement, dans chaque déplacement au plateau jette des passerelles entre hier et aujourd’hui. Cette exigence pourrait le lester. Au contraire, elle lui donne des ailes. Il danse une mémoire vivante, mouvante, à aucun moment figée dans une gangue de tristesse ou une dévotion trop complaisante.
Conscient que toute une génération de chorégraphes de danse contemporaine disparaît, ce solo ouvre la réflexion sur la persistance dans le temps des œuvres du spectacle vivant, ainsi que sur la transmission. Légataire de ce précieux héritage, Emmanuel Eggermont s’en inspire et se l’approprie avec justesse. Hoghe citait souvent Maria Callas : « suivez votre propre chemin peu importe ce qu’il est, non pas dans la recherche d’un "easy applause" , mais dans l’expression du travail et des vrais sentiments ». Ce qui émeut aux larmes, c’est cette sincérité, l’humilité de cet immense interprète dans un monde où les egos, trop souvent, dominent. Cette filiation n’étouffe pas. Elle libère.
loeildolivier.fr, Claudine Colozzi, le 15/06/24.
Il est rare d’atteindre le chef-d’œuvre, et plus encore d’en enchaîner deux : après All Over Nymphéas, Emmanuel Eggermont revient avec un solo plus troublant que jamais, dans une nouvelle déflagration d’intelligence et de délicatesse.
« Élégie pour Raimund Hoghe », sous-titre d’About Love and Death, annonce bien la couleur romantique du spectacle : un hommage à son maître et collaborateur, immense chorégraphe et dramaturge de Pina Bausch, dont la disparition a dépeuplé, il y a trois ans, la scène et le monde de la danse. On s’attendait certes à vider nos cœurs, craignant aussi la tournure complaisante de certaines cérémonies au théâtre, un peu totalitaires, un peu marchandes de larmes ; sauf que les mouchoirs qu’Emmanuel Eggermont a préparé pour nous sont de trop haute couture pour ne pas encenser cette oraison bouleversante au mort-la plus belle qu’on imaginerait pour des funérailles, celle de l’ami intime, sachant tout ou presque, qui honore sa mémoire tout en préservant ce qu’il faut de secret, avec la même pudeur d’orfèvre pour les fidèles, les amateurs ou les néophytes…
Car si nombre de passages convoquent le souvenir de Raimund Hoghe, peu importe qu’on soit spécialiste de l’un ou de l’autre : on tremble pareillement quand le plateau est traversé, continuellement hanté par le disparu, et qu’Emmanuel Eggermont glisse ses pas chorégraphiques, parfois théâtraux, dans ceux de son ami, avec une simplicité toute virtuose.
[...] D’autant que le corps du chorégraphe et danseur converse avec les musiques qu’Hoghe affectionnait (de Debussy à Queen, de Bizet à « Johnny Guitar ») : or, le hiatus entre les archives sonores, populaires et souvent lacrymales, bien rares en danse contemporaine, illuminent même les séquences les plus hermétiques, pour créer une dialectique jubilatoire ; à peu près chaque scène permet qu’on s’y arrête dramaturgiquement, tant elle est productrice de pensée. À cet égard le comique, constante dans ses spectacles, apparaît aussi sous un jour nouveau : moins modeux et urbain, le ridicule se déplace pour devenir existentiel... Quand la mort devient trop lourde à porter, la danse la parodie : ainsi de « Singing in the rain » ou de « Et maintenant » de Gilbert Bécaud, passages à la fois splendides et désuets, d’un vrai charme kitsch.
Du reste, la plupart des scènes sont de teneur plus minimaliste, c’est toute la force du spectacle : parfois un ou deux gestes de main, pas plus, pour qu’une musique se trouve d’un coup transmutée ; parfois la seule présence de ce corps esseulé, hiératique, regorge de sens.
IO Gazette, Victor Inisan, le 28/01/25.
Note d’intention
Véritable élégie dansée, cette pièce questionne la filiation dans le champ chorégraphique à travers le prisme d’une relecture libre de plus de quinze ans de collaboration avec le chorégraphe allemand Raimund Hoghe disparu en 2021. Visant à mettre en lumière comment cette génération de créateurs continue d’agir à travers nous, Emmanuel Eggermont revisite des fragments de pièces tissées d’instants suspendus, dans lesquelles l’amour et la mort agissent en toile de fond, pour les articuler à d’autres matériaux personnels afin d’imaginer de nouvelles écritures.
Dans About Love and Death, c’est à la fois la palette iconographique et musical de Raimund Hoghe et la kinesthésie habitée de l’imaginaire d’Emmanuel Eggermont qui s’expriment. De la fantaisie d’un faune fantasmé, à l’élégance cocasse d’un Gene Kelly dansant sous la pluie, en passant par la fougue syncopée d’une Joséphine Baker, ce florilège dansé s’accompagne de séquences inédites multipliant les évocations allant jusqu’à l’incarnation du spectre de Raimund Hoghe lui-même.
L’écriture ramifiée de ce recueil aux tonalités élégiaques révèle tout un panel de références offrant à tous les publics, notamment à celui qui le rencontre pour la première fois, un chemin d’accès vers cet univers aussi singulier que nécessaire dans le panorama de l’histoire de la danse.