Merci au public (Plurielles 1997)

Merci au public
Festival de Danse 1997

Clarté de l’échange.

Que peut-on transmettre à l’autre, au partenaire connu ou étranger, qui puisse être accueilli de manière claire ? Une parole ? Un geste ? Un mouvement ? Oui mais quel geste, quel mouvement, et porteur de quelle intention ? Si l’intention n’est pas immédiatement comprise par le partenaire auquel on s’adresse, alors il faut revenir en arrière, refaire le silence total et recommencer à transmettre la parole la plus inattendue de soi-même mais, cette fois-ci, sans intention de séduire.

Il est alors possible de mettre en ¦uvre une énergie maîtrisée au-delà de ses propres limites, pour aller rencontrer celles des autres. « Il s’agit de rendre ses propres limites perméables... », dit le danseur Teshigawara. Ce passage nous rend méconnaissable. Comme si les frontières n’existaient plus, comme s’il nous était naturellement donné de bousculer les barrières. Ainsi grandit l’espace qui se fait à la dimension de l’homme, qu’il soit danseur ou spectateur. Ainsi se fait l’échange, construit patiemment sur l’écoute attentive des partenaires à venir.

L’échange qui devient l’espace de tous est la particularité la plus importante de la danse des corps.

Michel Vincenot - 10 Mars 1997
ESPACES PLURIELS
SCÈNE CONVENTIONNÉE
DANSE / PAU
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