Nocturama

Il y a du Luchino Visconti chez Bertrand Bonello, dans son goût pour la peinture d’univers déliquescents, point commun de ses trois derniers films : L’Apollonide (2011), Saint Laurent (2014) et Nocturama (2017). Dans ce dernier, le cinéaste fait apercevoir avec éclat l’étendue vertigineuse du malaise de la civilisation, dressant le portrait d’un groupe terroriste. Bertrand Bonello part de l’avant-Charlie. Il voit des jeunes désespérés, toutes catégories sociales confondues : des fils à papa au chemin fléché vers l’ENA, des filles et des garçons d’Aubervilliers ou de Saint-Denis, étudiants, chômeurs, précaires, noirs, arabes, blancs. La première partie du film est aussi précise, minutée et tendue qu’un film de braquage américain. La deuxième heure est, elle, foudroyante de tragique, d’intelligence et de beauté : Nocturama est autant un film d’artiste et d’esthète qu’un film politique.

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