Ce mot banal emprunté à Zabou Breitman qui adapte à la scène les documentaires de Raymond Depardon. Des gens, ce mot ordinaire qui parle des individus que nous sommes, en proie aux tensions contradictoires de la vie. Ces gens, qui reproduisent invariablement les mêmes schémas : violence, tendresse, sensualité, petites lâchetés... telles que Michèle Noiret les chorégraphie avec excellence dans les Arpenteurs..

Ces gens nous passionnent. Ils sont un peu nous, ils sont un peu autres. Et si l’on s’attarde sur quelques titres qui composent la saison 09-10 (La storia, Virus/Antivirus, As far as, Listen to me, La maison, Face au mur...), tous parlent de l’implication du théâtre et de la danse dans la vie, insupportable ou réjouissante, pour en faire l’état des lieux ou la transporter ailleurs. « Il faut garder cette tension, cet instant ambigu où le temps et l’éternité sont en contact. » Kierkegaard

Une programmation artistique, (une saison comme on dit, pour souligner le caractère cyclique), ne peut dans un premier temps que constater ces états de fait, et tenter ensuite de regarder les gens sous un autre angle. Les uns sont violentés, découragés ou désespérés ; les autres crient leur désir de créer et ouvrent d’autres perspectives. Les Focales des pays de l’Est en sont le témoignage.

Ainsi, l’art vivant a toujours été le réceptacle des émerveillements ou des violences de la société, parfois légers, souvent tragiques. Le théâtre, la danse en stigmatisent l’histoire ou y cherchent un espoir. « On ne transmet que par rapport à un monde qui doit être changé. » Hannah Arendt

Michel Vincenot

ESPACES PLURIELS
SCÈNE CONVENTIONNÉE
DANSE / PAU
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