Solo – Création 2018 (titre provisoire)
Danse JEUDI 17 MAI 20h30 / Théâtre Saragosse
45 MIN / TARIF C

En 1999, Brice Leroux crée Drum-Solo, sur des percussions de Steve Reich, et jette les bases de ses recherches chorégraphiques. Fondée sur une écriture minimaliste et rigoureuse, sa démarche entretient un rapport de fascination avec la répétition du mouvement, la lumière, les compositions musicales aux rythmiques fortes et la géométrie des formes. Par un jeu de clair-obscur et une chorégraphie rappelant certains états de transe, Drum-Solo bouleverse à sa création, de façon hypnotique, la perception du corps dans le temps et l’espace. Presque vingt ans plus tard, Brice Leroux choisit de réinterroger et de retraverser cette pièce, prenant en compte le passage du temps et les changements de son propre corps, dans un nouvel environnement visuel et sonore. Dans un rythme crescendo qu’il a lui-même créé, le chorégraphe joue des lumières et de la matière du costume pour laisser transparaître un geste minutieux. Partant d’une danse ondulatoire et tremblante, activant toutes les combinaisons possibles d’une variation réduite de mouvements, Brice Leroux désoriente les regards, aiguise les perceptions. Le corps ne semble plus être ce qu’il est réellement.

Direction artistique, chorégraphie, interprétation et création musicale Brice Leroux / Assistante chorégraphique Violeta Vitanova / Collaboration à la scénographie Christian Boulicaut / Régie générale et lumière Elie Romero / Régie son Mathieu Diemert / Costume Laura Chobeau, en collaboration avec Carole Martinière / Crédit photos Wolfgang Kirchner

+ PRODUCTIONS

Production déléguée manège, scène nationale - reims / Coproduction Théâtre 71 – Scène nationale de Malakoff, Espaces Pluriels – Scène conventionnée Pau, manège, scène nationale - reims / Accueil en résidence de création musicale à Césaré, Centre National de Création Musicale de Reims.

En 1999, Brice Leroux crée Drum-Solo, sur des percussions de Steve Reich, et jette les bases de ses recherches chorégraphiques. Fondée sur une écriture minimaliste et rigoureuse, sa démarche entretient un rapport de fascination avec la répétition du mouvement, la lumière, les compositions musicales aux rythmiques fortes et la géométrie des formes. Par un jeu de clair-obscur et une chorégraphie rappelant certains états de transe, Drum-Solo bouleverse à sa création, de façon hypnotique, la perception du corps dans le temps et l’espace. Presque vingt ans plus tard, Brice Leroux choisit de réinterroger et de retraverser cette pièce, prenant en compte le passage du temps et les changements de son propre corps, dans un nouvel environnement visuel et sonore. Dans un rythme crescendo qu’il a lui-même créé, le chorégraphe joue des lumières et de la matière du costume pour laisser transparaître un geste minutieux. Partant d’une danse ondulatoire et tremblante, activant toutes les combinaisons possibles d’une variation réduite de mouvements, Brice Leroux désoriente les regards, aiguise les perceptions. Le corps ne semble plus être ce qu’il est réellement.

DISTRIBUTION

Direction artistique, chorégraphie, interprétation et création musicale Brice Leroux / Assistante chorégraphique Violeta Vitanova / Collaboration à la scénographie Christian Boulicaut / Régie générale et lumière Elie Romero / Régie son Mathieu Diemert / Costume Laura Chobeau, en collaboration avec Carole Martinière / Crédit photos Wolfgang Kirchner

+ PLUS D'INFOS
BIOGRAPHIE

Brice Leroux
Brice Leroux est un chorégraphe français né en 1974. Il a étudié la danse au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse à Lyon, à l’American Dance Festival de Durham, et auprès des danseurs de Trisha Brown et Merce Cunningham à New York. Il s’installe en 1994 à Bruxelles, et devient, deux ans durant, interprète auprès d’Anne Teresa de Keersmaeker. Dès 1996, il se consacre à ses recherches chorégraphiques, multipliant dans un premier temps des performances uniques, basées sur un travail d’improvisation structurée dans des lieux et situations particulières. Depuis 1998, il affirme un travail d’écriture minutieuse et précise, et crée des pièces destinées aux théâtres. Il développe des « processus compositionnels » qui exposent exhaustivement toutes les combinaisons possibles d’une variation réduite de mouvement, et l’étude des déplacements et les relations dans l’espace. Il cherche ainsi à aiguiser l’oeil du spectateur qui doit sans cesse traquer « la différence dans le même » pour pouvoir en suivre le déroulement. Ces principes sont fondateurs et déclinés dans ses créations, qui sont, depuis 1999 : CONTINUUM – solo et duos sur place (1999), DRUM -solo (1999 ), GRAVITATIONS -Duo (2000), GRAVITATIONS -Quatuor (2002), QUASAR -Quatuor (2004), QUANTUM -Quintet (2006), SOLO #2 -Fréquences (2009), FLOCKING -Trio (2011), FLOCKING -Quintet (2012).


NOTES

La pièce initiale DRUM-Solo (1999)
Dans DRUM-solo, le mouvement est réduit au rythme, une oscillation constante des différentes parties du corps. En variant constamment en vitesse et amplitude, cette oscillation commence par les genoux, puis remonte lentement, se propageant dans le reste du corps, pour finalement devenir, en se réduisant et en s’accélérant un tremblement. Sur le martèlement répétitif de Steve Reich, compositeur minimaliste inspiré par les rythmes cérémoniels africains, Brice Leroux construit progressivement un état qui relève de la transe.

Le costume est d’une grande simplicité (pantalon et pull blancs) mais le choix du tissu reste minutieux. Sa fluidité, son poids, son épaisseur ou encore sa coupe sont sélectionnés pour mettre en valeur, dans son mouvement, les plis et les ombres, soulignant ainsi la plus infime des oscillations du corps.

Posté devant un rectangle blanc de lumière, il décline les éclairages entre figure et fond, blanc sur noir, noir sur blanc… mettant tantôt en valeur les détails des mouvements du corps quand il est éclairé, tantôt leur forme globale, en négatif… Le passage d’un effet à l’autre, si progressif que quasi-imperceptible, provoque des effets d’optique liés à la persistance rétinienne. Brice Leroux impose un noir absolu dans les théâtres, de sorte que seule la figure et le fond sont visibles dans l’espace, éclairés et appréhendés par l’oeil du spectateur à des seuils à la limite du perceptible. Le spectateur perd ainsi progressivement le sens de l’espace et de sa distance au sujet. Il perd aussi le sens du temps, face au flux continu et sans événement de la transformation progressive du sujet. Le corps perd peu à peu de sa matérialité pour devenir une pure information visuelle, immatérielle.


PRESSE

Sur Drum ‑ Solo

Sens en transe
A Paris, le chorégraphe Brice Leroux met notre perception à l’épreuve. Dans l’embrasure d’un espace laiteux qui va s’éclairant puis s’assombrissant selon d’infinies variations, le danseur Brice Leroux soumet notre perception à fascinante épreuve. Directe comme le titre (Drum solo), la musique répétitive de Steve Reich frappe sans relâche. Pas de déplacement, un mouvement des hanches, régulier, qui descend dans les jambes, genoux et remonte, ondule, devient rapide, saccadé, et enfin gagne le torse puis le haut du corps, les bras, confinant à la transe. Le danseur paraît de plus en plus lointain, virtuel. À peine une silhouette, une spirale, une flamme qui danse, perd et regagne en énergie. Lorsqu’il fond dans le noir, l’image semble persister. Mais l’a-t-on jamais vue ? Lorsque le théâtre se rallume, tout s’évanouit. (…). Drum-solo est une expérience aussi puissante que brève.
Libération, Maïa Bouteillet, novembre 2003.

Brice Leroux explore d’autres champs visuels, entre mécanique répétitive et corps en apesanteur. Miracle ? En ce dimanche de novembre, les spectateurs du théâtre de la Bastille, où Brice Leroux donnait Drum-solo, extrait de la trilogie Continuum, ne sont plus tout à fait sûrs d’eux, ni de ce qu’ils ont vu ou cru voir. Une silhouette donc, celle de Leroux, prise dans les pans d’une toile de scène et dans le clair-obscur d’une création lumineuse. Un danseur en transe, un corps atomisé. Portée par une évidente composition de Steve Reich, et des percussions comme une pluie d’été sur une forêt de bambous, l’anatomie de Brice Leroux, bras, chevilles, cou, bassin, s’emportait dans des frémissements sans fin. Une virtuosité effrayante, et par là même d’une beauté rarement vue. (…) Les Inrockuptibles, Philippe Noisette, décembre 2003.

Sur les autres créations de Brice Leroux

Gravitations-quatuor, la dernière chorégraphie de Brice Leroux, relève d’un tout autre registre. Le chorégraphe français n’hésite pas à avoir recours au quatrième mur, ainsi qu’à l’uniformité et à l’anonymat pour créer une ingénieuse illusion d’optique. Dans la pénombre, quatre personnages tournent inlassablement en rond en traînant les pieds suivant un parcours dessiné au sol et offrant d’innombrables possibilités. Le bruit monotone et le rythme hypnotisant des mouvements, ainsi que l’étonnant jeu de lumières, de cercles qui paraissent être tracés au sol par quatre ombres, faussent complètement la perception. Vers la fin de la représentation, sous l’effet de la lumière de plus en plus faible et du choix subtil du tissu des uniformes, les personnages se transforment en poupées de carton, simples silhouettes bidimensionnelles qui finissent par s’estomper entièrement. Du grand art !
De Morgen, Sally de Kunst, septembre 2009.

Perdre tout sens du temps et de l’espace est une expérience ineffable. Gravitations-quatuor s’emploie à cet exercice et y réussit magistralement grâce à une chorégraphie mathématiquement parfaite et une ingénieuse illusion d’optique. On entre dans un autre monde, exclusivement créé par la marche de quatre danseurs aux silhouettes identiques. Émanations longilignes évoluant dans l’espace à la façon d’un ordre religieux. Énigmatiques visions d’ombre et de lumières qui n’en finissent pas d’inventer des cercles, dans une captivante ronde de gravitation. Mouvement minimaliste qui se répète jusqu’à la disparition des corps. Cette incroyable maîtrise de l’espace et du temps est due au geste de Brice Leroux. La beauté de sa danse réside dans cette recherche d’une forme de virtuosité qui s’accomplit avec un minimum de paramètres et de moyens. La qualité des gestes est induite par la façon particulière qu’ont les corps d’entrer et de se tenir dans l’espace, la délicatesse du rythme. La force de son travail relève de cette façon posée et obsédante qui domine l’écriture et contraint le corps, explorant avec finesse les sensations qui en découlent, les phénomènes de perception. Il y a de la transe dans Gravitations-quatuor. Comme dans toutes les transes, elle obéit à un ordre rituel : ici une écriture implacablement répétitive. Pourtant rien de sec ou de mécanique dans cette mesure. Plutôt l’inverse, une sorte de démesure sereine et vertigineuse. Marche liturgique partagée par quatre corps se tenant immuables dans une verticalité de fil à plomb, mais dont les pas réguliers, répétés, dessinent des cercles à l’infini qui peu à peu hypnotisent. Gravitations-quatuor est une sorte d’hymne à la nuit et à sa symbolique la plus spirituelle. Pièce matrice d’un songe qui efface les volumes et libère les corps de leur poids, approchant les profondeurs du vide ou de la matière sensible.
Programme du Théâtre de la Ville (2003) par Irène Filiberti.

La ronde de Leroux dans la carte du ciel (…) Certaines chorégraphies ne laissent que des images, d’autres laissent aussi des sons. C’est le cas de Gravitations, dont la pulsation métronomique des pas sur le sol, de bout en bout de la représentation, suscite la fascination. Car ce ne sont pas des automates qui, dans la semi-pénombre et un froissement de robe, battent la mesure de cette création. Mais bien des danseurs, étonnants de sérénité et de précision. Quelque part entre le derviche et la Geisha, ils entrent dans la ronde de Brice Leroux et dessinent des cercles au gré de leur marche posée. Pour le plus grand plaisir d’un public au bord de la méditation. (…) La dernière chorégraphie de Brice Leroux qui a fait sensation au Théâtre de la Ville, à Paris, est aujourd’hui accueillie à Genève. L’idée ? Dresser au sol la carte d’un ciel dont les constellations sont autant de cercles qui se croisent et se mêlent. Comment ? En invitant ses danseurs à en tracer les contours d’un pas que rien ne saurait perturber. Proposition minimale pour effet maximal. Si on accepte cette logique de la quasi répétition ou de la variation par quarts de ton, on ressort de là avec le sentiment d’un voyage hors l’espace et le temps. Grisant. C’est qu’en plus du son et de l’évolution linéaire, la lumière joue un rôle capital dans cette affaire. Des interprètes, on ne voit que le buste, et encore, que le devant parfois, selon les effets désirés. Ainsi, au vertige du cercle marché s’ajoute celui de la perception tronquée. Comme lorsque les danseurs apparaissent plats comme des cartes à jouer. On en chavire et on se demande si on rêve éveillé. Mais quand la mystification atteint ce degré de qualité et de concentration, quand le tour est joué dans la douceur d’une mécanique si bien huilée, on est enchanté de se faire ainsi baladé.
Le Courrier, Marie-Pierre Genecand, mai 2004.

Brice Leroux, l’art de l’hypnose et la perfection du géomètre
(…) Quantum-Quintet, plus encore que les spectacles précédents de ce jeune artiste français installé à Bruxelles, maîtrise le jeu de perception, la technologie optique qui semblent bien devenir sa signature. (…) Pendant quarante minutes, un incroyable trafic d’avant-bras se joue devant nos yeux, articulant à toute vitesse des carrés, des parallèles et autres figures géométriques étranges. Les fragments lumineux évoquent tour à tour le ballet d’os, la séance de jonglage, le bas-relief égyptien ou la chaîne des chromosomes. Les recherches de l’art cinétique aussi, avec le mouvement perpétuel des lignes blanches soumises à des changements rythmiques méticuleux. Devant tant de perfection visuelle, on cherche à disséquer le fonctionnement de l’affaire, mais sans succès. (…) La technique affolante des interprètes, qui ne semblent pas bouger de leur place dans l’obscurité, fascine. Netteté du geste, précision des enchaînements en liaison avec la partition globale de la pièce témoignent d’un lourd travail de mémoire et d’écoute des partenaires. Happé par les sinusoïdales, on finit par oublier les danseurs et leur féroce discipline. On désire alors découvrir le visage des interprètes. Déception. Ils ne viendront pas saluer à la fin du spectacle. L’humilité fait partie de l’exploit.
Le Monde, Rosita Boisseau, juin 2007.


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