Renaud Herbin
Wax, comment sortir du moule ?
Théâtre d’objet MARDI 27 FÉVRIER 19H00 / Salle de Lacaze - Billère
40 MIN / TARIF AGORA

DE PART ET D’AUTRE PROPOSÉ PAR L’AGORA
À PARTIR DE 3 ANS
SÉANCE SCOLAIRE VENDREDI 02 MARS 10H00

La scène Espaces Pluriels s’associe à l’Agora pour mettre en regard deux projets artistiques : Wax et blablabla. Ces spectacles ont en commun la construction singulière d’un langage verbal, corporel ou métaphorique à l’adresse de l’enfance et de la jeunesse.

Marionnettiste, formé à l’École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières, Renaud Herbin a mis en scène de nombreuses pièces visuelles et sonores, le plus souvent à partir d’oeuvres dramatiques ou littéraires. Depuis 2012, à la tête du TJP, Centre dramatique national d’Alsace-Strasbourg, il développe la relation corps-objet-image, décloisonnant les pratiques de la matière et de la marionnette par un lien avec le champ chorégraphique et les arts visuels. Il fédère autour de son projet de nombreux artistes parmi lesquels Aurélien Bory et Bérangère Vantusso. Renaud Herbin propose avec Wax une réflexion sur l’identité et le libre arbitre à destination des tout-petits. Au centre du plateau, Justine Macadoux nous convie dans son atelier : une manufacture d’êtres de cire, tous semblables. Elle nous invite à faire l’expérience de la matière qui prend forme pour interroger la fabrique de la norme. De la relation à la cire travaillée, naissent des tournures et des figures, comme autant de supports concrets de jeu. Tout est donné à voir : la matière, ses états, ses équilibres. Les événements sont parfois inattendus. La dynamique et le plaisir sont soutenus par la surprise d’un son, d’une chute ou d’un accident. A l’intérieur de cette trame dramatique simple, le jeu est guidé par le rythme des humeurs instables de l’interprète et les aléas de la matière. Wax pose avec humour et délicatesse la question « Comment sortir du moule ? ». Nous goûtons subtilement à l’art de la transgression.

www.renaudherbin.com

Conception Renaud Herbin / Avec la complicité d’Anne Ayçoberry / Jeu Justine Macadoux / Espace et matière Mathias Baudry / Son Morgan Daguenet / Lumière Fanny Brushi / Technique Thomas Fehr et Christian Rachner / Crédit photos Benoît Schupp

+ PRODUCTIONS

Production TJP Centre Dramatique National d’Alsace Strasbourg / Coproduction MA Scène Nationale de Montbéliard / Création à Strasbourg le 2 octobre 2016.

La scène Espaces Pluriels s’associe à l’Agora pour mettre en regard deux projets artistiques : Wax et blablabla. Ces spectacles ont en commun la construction singulière d’un langage verbal, corporel ou métaphorique à l’adresse de l’enfance et de la jeunesse.

Marionnettiste, formé à l’École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières, Renaud Herbin a mis en scène de nombreuses pièces visuelles et sonores, le plus souvent à partir d’oeuvres dramatiques ou littéraires. Depuis 2012, à la tête du TJP, Centre dramatique national d’Alsace-Strasbourg, il développe la relation corps-objet-image, décloisonnant les pratiques de la matière et de la marionnette par un lien avec le champ chorégraphique et les arts visuels. Il fédère autour de son projet de nombreux artistes parmi lesquels Aurélien Bory et Bérangère Vantusso. Renaud Herbin propose avec Wax une réflexion sur l’identité et le libre arbitre à destination des tout-petits. Au centre du plateau, Justine Macadoux nous convie dans son atelier : une manufacture d’êtres de cire, tous semblables. Elle nous invite à faire l’expérience de la matière qui prend forme pour interroger la fabrique de la norme. De la relation à la cire travaillée, naissent des tournures et des figures, comme autant de supports concrets de jeu. Tout est donné à voir : la matière, ses états, ses équilibres. Les événements sont parfois inattendus. La dynamique et le plaisir sont soutenus par la surprise d’un son, d’une chute ou d’un accident. A l’intérieur de cette trame dramatique simple, le jeu est guidé par le rythme des humeurs instables de l’interprète et les aléas de la matière. Wax pose avec humour et délicatesse la question « Comment sortir du moule ? ». Nous goûtons subtilement à l’art de la transgression.

www.renaudherbin.com

DISTRIBUTION

Conception Renaud Herbin / Avec la complicité d’Anne Ayçoberry / Jeu Justine Macadoux / Espace et matière Mathias Baudry / Son Morgan Daguenet / Lumière Fanny Brushi / Technique Thomas Fehr et Christian Rachner / Crédit photos Benoît Schupp

+ PLUS D'INFOS
BIOGRAPHIE

Renaud Herbin
Marionnettiste, formé à l’École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières. Renaud Herbin a longtemps codirigé la compagnie LàOù. Il met en scène de nombreuses pièces visuelles et sonores, dont il est parfois l’interprète, le plus souvent à partir d’oeuvres dramatiques ou littéraires. Renaud Herbin a toujours apprécié les collaborations qui ont su déplacer sa pratique de marionnettiste. Depuis 2012, il est à la tête du TJP, CDN d’Alsace-Strasbourg, où il développe la relation corps-objet-image, décloisonnant les pratiques de la matière et de la marionnette par un lien avec le champ chorégraphique et les arts visuels. Il fédère autour de son projet de nombreux artistes parmi lesquels Aurélien Bory et Bérangère Vantusso.


NOTES

La norme et la force de l’invention
L’enfant se développe par l’expérience et le jeu. Il se construit par imitation : entre le semblable et le singulier, il apprend petit à petit à affirmer son identité. Le travail de différenciation est à l’oeuvre et aboutit à un individu unique. Très tôt, il est confronté à la norme et aux conventions. Quel est le chemin qu’emprunte le jeune enfant pour pouvoir prendre confiance dans sa capacité à déterminer ce qui fait échec ou réussite pour luimême, au delà des attendus extérieurs ? L’expérience développe l’écoute, la capacité d’interpréter. La créativité et l’invention deviennent le meilleur rempart au conformisme. Dans Wax, Justine travaille à l’emporte-pièce, ce qui lui permet de créer le multiple et le reproductible. Mais progressivement, des situations naissent qui mettent en jeu l’incertain, l’imprévu, l’accident ou la surprise, qui confrontent le résultat apparent d’une expérience à celui attendu par la norme. Avec Wax, nous pourrions bien faire de grandes découvertes : sortir de l’habitude et du connu, et expérimenter l’anormal, le non répertorié et l’inclassable.

Le corps et son image : l’identité en jeu
L’image du corps se forme et se déforme dans l’appareil psychique. Le sentiment de soi-même s’élabore par la dissociation avec le monde extérieur. Comment raconter ce qu’« être au monde » ? Aborder la question de la définition de sa propre identité, de la naissance d’une conscience d’être unique et distinct de l’autre. La cire, matière tactile, généreuse et accueillante pour le corps, enveloppe et invite au contact. Elle devient peau, mue, chair ou carapace jusqu’au cocon habitable. Elle est métamorphose et suggère de nouvelles limites au corps. Elle donne la possibilité d’autres identités. Justine se démultiplie jusqu’à l’absurde d’un corps impossible à tenir, d’un corps augmenté et chimérique où l’imaginaire vient compléter ce qu’il voit apparaître. Le jeune enfant a cette capacité fulgurante à saisir la matière pour ce qu’elle est. Son état, sa texture, sa couleur, ses formes sont autant d’événements sensibles qui deviennent le prétexte à l’expérience et à la découverte. A partir d’environ 3 ans, l’enfant acquiert la possibilité de faire récit. Le jeu entre les formes s’organise autour de situations figuratives et narratives. L’écriture peut s’appuyer sur des enjeux dramatiques. Wax s’adresse à toutes les générations, les questions abordées concernent l’adulte autant que l’enfant. Il s’agit de porter une parole entière sans concession sur le contenu, de s’attacher à ne rien retrancher au sens.
Compagnie Renaud Herbin


PRESSE

Renaud Herbin a choisi la cire pour parler de la création dans son nouveau spectacle, qui tire son nom de la traduction anglaise, « wax ». Wax, matière en transformation, que l’on modèle mais qui peut aisément s’échapper entre nos doigts. Ce spectacle à voir à partir de trois ans a aussi beaucoup à nous dire sur les notions d’identité et de libre arbitre, et sur l’acte de création. Sur scène, la cire se présente à nous dans son état de transition. Chauffée, elle est malléable, matière à être que Justine Macadoux manipule sur le plateau. L’aventure débute par la fabrication de personnages en série, tous identiques, Justine en artiste créateur, démiurge d’une armée d’êtres tristement semblables. Mais la matière semble avoir ici des envies d’émancipation ! Les moules rigides sont trop petits pour elle, et c’est alors que va s’ouvrir une voie vers la création. « Nous goûterons subtilement à l’art de la transgression », explique Renaud Herbin qui semble nous dire ici que la création ne souffre pas la contrainte – ou la répétition de modèles préétablis – et qu’il faut savoir quitter les chemins balisés pour continuer à créer. La cire aussi comme un élément connotant la vie, protégeant le précieux miel des non moins précieuses abeilles, leur servant également à fabriquer leurs abris. Mais utilisée aussi pour embaumer les défunts, la cire est ambivalente. La cire pour évoquer les notions de libre arbitre et d’identité, et la place de la création dans tout cela, à l’image de l’enfant qui se construit par le jeu. Les répétitions sont d’ailleurs passées par des rencontres avec des classes de 3 à 5 ans dans une école de Strasbourg, pour observer comment nos chères têtes blondes appréhendent le temps de jeu. N’oublions pas en effet le caractère ludique d’un tel élément, qui permet de laisser libre cours à l’imagination, comme sur ces terrains de jeu à grande échelle que sont la plupart du temps les plateaux de théâtre. Wax donne aussi à voir ce à quoi l’on n’assiste pas généralement, la création de l’objet auquel le manipulateur va donner vie. Car tout cela reste aussi un artisanat, accompli en temps réel, et donc soumis aux lois des impondérables.
Diversions-magasine.com, Paul Sobrin, mars 2017.

Ça glougloute dans le bocal
Voilà un spectacle fort joli et rafraîchissant pour les tout-petits, concocté par Renaud Herbin, directeur du Théâtre Jeune Public de Strasbourg et grand maître ès marionnettes. Wax, la cire, est le héros, ou plutôt l’attraction principale de la pièce. Cet élément se déforme, se triture, devient ce que l’on veut. Grâce à lui, il est possible de créer de petits personnages et de les écrabouiller l’instant d’après. Il est doux et docile : un vrai miracle pour la petite fille en robe bleue qui va laisser toute liberté à son imagination et jouer, durant une demiheure, comme si nous n’étions pas là. Cette fillette, c’est Justine Macadoux, une comédienne protéiforme, à la fois conteuse, clown et danseuse. Drôle, pleine de vie, elle change d’idée ou sautille d’un espace à l’autre comme une pile électrique. Elle fait le pitre, donne la comédie, joue à la maîtresse, puis elle se montre capable de se concentrer sur un détail pendant des heures – qui ne durent, dans le ressenti, que quelques minutes. On croirait qu’elle possède l’âge de ses petits spectateurs qui manifestent leur complicité et leur plaisir par des rires joyeux. Non seulement ce spectacle témoigne d’une observation fine du monde, à hauteur d’enfant, mais la marionnettiste expérimente aussi les différents états de cette cire jaune, rendue incroyablement vivante. Cette matière, contenue dans un bocal au début du spectacle, se met à frémir à gros bouillons bruyants et nous plonge dans l’antre d’une magicienne. De plus, elle attache, elle colle. C’est peut-être un peu dégoûtant, mais ça se lèche quand même. Quand Justine l’étale sur une toile qui dégringole du plafond, puis se déroule comme un tapis, elle prend des formes libres, suit son chemin, durcit, puis devient autre chose. Elle se découpe à l’infini. Elle se métamorphose en masque d’éléphant. La cire produit non seulement des figures dans lesquelles chacun peut se projeter, mais elle permet à Justine d’y glisser un doigt, puis la main, puis le bras, puis de passer de l’autre côté du miroir, telle Alice, aux pays des merveilles. Le langage de la conteuse Justine Macadoux reste souvent hermétique, réduit à des onomatopées, des borborygmes. Il est prétexte à expérimenter des rythmes qui renforcent l’impression sensuelle et animale que le spectacle dégage. Ce beau travail, sensible et juste, toujours léger, intelligent et aucunement prétentieux, suscite l’empathie et l’émotion du jeune public. Que demander de plus ?
Les Trois Coups, Trina Mounier, mai 2017.


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