Antoine et Cléopâtre
Théâtre / VENDREDI 10 & SAMEDI 11 JANVIER 20H30  / Théâtre Saragosse
1H20 / TARIF B

Profondément enraciné dans la tradition théâtrale collaborative, Tiago Rodrigues est un acteur majeur du renouveau théâtral portugais et de la scène internationale. Ses pièces excellent à manipuler documents et outils théâtraux, à marier la vie publique et l’intime, à défier notre perception des phénomènes sociaux ou historiques. Après le procès de Flaubert taillé sur mesure pour les comédiens de Bovary, pièce accueillie à Pau lors de la saison 16/17, le metteur en scène propose un précipité dramatique d’Antoine et Cléopâtre, histoire d’un amour impossible qui remonte aux origines de notre civilisation. Réduisant à l’essentiel la foisonnante tragédie de Shakespeare, il dialogue avec le texte à travers les corps et les voix de Sofia Dias et Vítor Roriz, deux jeunes chorégraphes portugais qui prêtent à la passion des deux amants mythiques leur propre complicité de couple. Plus qu’au contexte historique, Tiago Rodrigues s’attache à déceler les ressorts de la passion qui unit les deux amants. Les comédiens-danseurs chorégraphient phrases et gestes dans une incarnation à distance dont l’intensité est progressive. Leurs mains sculptent l’espace et le temps d’un amour perdu. Ils inspirent et expirent, s’aiment. Partant d’une mémoire de la pièce nourrie des écrits de Plutarque et de réminiscences du film de Mankiewicz, Tiago Rodrigues compose une partition physique et émotionnelle exigeante et radicale dont le chant obsessionnel évoque le présent absolu de la passion amoureuse.

Texte Tiago Rodrigues, avec des citations d’Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare / Mise en scène Tiago Rodrigues / Avec Sofia Dias et Vítor Roriz / Scénographie Ângela Rocha / Costumes Ângela Rocha, Magda Bizarro / Création lumières Nuno Meira / Musique, extraits de la bande originale du film Cléopâtre (1963), composée par Alex North / Collaboration artistique Maria João Serrão, Thomas Walgrave / Construction du mobile Decor Galamba / Traduction en français Thomas Resendes / CRÉDITS PHOTOS MAGDA BIZARRO
PRODUCTION

Production exécutive pour la création originale Magda Bizarro, Rita Mendes / Production exécutive Rita Forjaz / Production Teatro Nacional D. Maria II (Lisbonne) après une création originale de la compagnie Mundo Perfeito / Coproduction Centro Cultural de Belém (Lisbonne), Centro Cultural Vila Flor (Guimarães), Festival Temps d’Images / Résidence artistique aux Teatro do Campo Alegre (Porto), Teatro Nacional de São João (Porto) et Alkantara (Lisbonne) / Remerciements à Ana Mónica, Ângela Rocha, Carlos Mendonça, Luísa Taveira, Manuela Santos, Rui Carvalho Homem, Salvador Santos, Bomba Suicida et Toninho Neto / Avec le soutien de Museu de Marinha (Lisbonne) / Spectacle créé le 4 décembre 2014 au Centro Cultural de Bélem (Lisbonne) – Version française créée le 22 mars 2016 à humain Trop humain – Centre Dramatique National de Montpellier

Profondément enraciné dans la tradition théâtrale collaborative, Tiago Rodrigues est un acteur majeur du renouveau théâtral portugais et de la scène internationale. Ses pièces excellent à manipuler documents et outils théâtraux, à marier la vie publique et l’intime, à défier notre perception des phénomènes sociaux ou historiques. Après le procès de Flaubert taillé sur mesure pour les comédiens de Bovary, pièce accueillie à Pau lors de la saison 16/17, le metteur en scène propose un précipité dramatique d’Antoine et Cléopâtre, histoire d’un amour impossible qui remonte aux origines de notre civilisation. Réduisant à l’essentiel la foisonnante tragédie de Shakespeare, il dialogue avec le texte à travers les corps et les voix de Sofia Dias et Vítor Roriz, deux jeunes chorégraphes portugais qui prêtent à la passion des deux amants mythiques leur propre complicité de couple. Plus qu’au contexte historique, Tiago Rodrigues s’attache à déceler les ressorts de la passion qui unit les deux amants. Les comédiens-danseurs chorégraphient phrases et gestes dans une incarnation à distance dont l’intensité est progressive. Leurs mains sculptent l’espace et le temps d’un amour perdu. Ils inspirent et expirent, s’aiment. Partant d’une mémoire de la pièce nourrie des écrits de Plutarque et de réminiscences du film de Mankiewicz, Tiago Rodrigues compose une partition physique et émotionnelle exigeante et radicale dont le chant obsessionnel évoque le présent absolu de la passion amoureuse.

DISTRIBUTION

Texte Tiago Rodrigues, avec des citations d’Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare / Mise en scène Tiago Rodrigues / Avec Sofia Dias et Vítor Roriz / Scénographie Ângela Rocha / Costumes Ângela Rocha, Magda Bizarro / Création lumières Nuno Meira / Musique, extraits de la bande originale du film Cléopâtre (1963), composée par Alex North / Collaboration artistique Maria João Serrão, Thomas Walgrave / Construction du mobile Decor Galamba / Traduction en français Thomas Resendes / CRÉDITS PHOTOS MAGDA BIZARRO

 

Depuis ses débuts en tant qu’auteur, à l’âge de 20 ans, Tiago Rodrigues a toujours envisagé le théâtre comme une assemblée humaine : un endroit où les gens se rencontrent, comme au café, pour y confronter leurs idées et partager leur temps. Alors qu’il est encore étudiant, il croise pour la première fois la compagnie tg STAN en 1997, qui confirme son penchant pour un travail collaboratif sans hiérarchie. La liberté rencontrée avec ce collectif belge influencera à jamais ses futurs travaux. En 2003, il cofonde avec Magda Bizarro la compagnie Mundo Perfeito, avec laquelle il crée et présente près de 30 spectacles dans plus de 20 pays. Il devient une présence récurrente d’événements comme le Festival d’Automne à Paris, le METEOR Festival en Norvège, le Theaterformen en Allemagne, le Festival TransAmériques au Canada, kunstenfestivalsdesarts en Belgique, etc. Il collabore avec un grand nombres d’artistes portugais et internationaux, ainsi qu’avec des chorégraphes et des danseurs. Il enseigne le théâtre dans plusieurs écoles, notamment l’école de danse belge PARTS, dirigée par la chorégraphe Anne Teresa de Keersmaeker, l’école suisse des arts performatifs La Manufacture, et le projet international L’École des Maîtres. Parallèlement à son travail théâtral, il écrit des scénarios pour des films et des séries télévisées, des articles, de la poésie et des essais. Ses pièces les plus récentes, récompensées par divers prix nationaux et internationaux, lui ont permis d’accroître sa notoriété internationale. Ses oeuvres les plus notables sont By Heart, Antoine et Cléopâtre, Bovary, Sa façon de Mourir et sa dernière création Sopro, jouée au Festival d’Avignon 2017. Qu’il combine des histoires réelles à de la fiction, qu’il revisite des classiques ou adapte des romans, le théâtre de Tiago Rodrigues est profondément ancré dans la notion d’écrire avec et pour les acteurs, recherchant une transformation poétique de la réalité grâce aux outils du théâtre. Cette aspiration est évidente dans des projets tels que l’Occupation Bastille, occupation artistique du Théâtre de la Bastille par près d’une centaine d’artistes et de spectateurs, qui a eu lieu en 2016. En 2018, il est récompensé par le XV Prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales. Directeur artistique du Teatro Nacional D. Maria II depuis 2015, Tiago Rodrigues est un bâtisseur de ponts entre les villes et les pays, en même temps qu’il est l’amphitryon et le défenseur d’un théâtre vivant.

Cet Antoine et Cléopâtre n’est pas la pièce de William Shakespeare. C’est une pièce originale que nous avons créée en mémoire à la tragédie de Shakespeare, qui elle même tirait ses fondements du portrait que Plutarque avait fait de Marc Antoine dans Vies Parallèles, lui même héritier de divers écrits et récits de tradition orale (Plutarque va jusqu’à citer son propre arrière-grand-père dans le chapitre sur Marc Antoine). Nous assumons ces héritages et bien d’autres encore, moins anciens mais tout aussi monumentaux, tel que le film marathon réalisé en 1963 par Mankiewicz avec le couple Taylor/Burton, dont nous avons utilisé quelques fragments musicaux, ainsi que tout l’attirail généré par l’aura de fascination que la romance d’Antoine et Cléopâtre suscite encore chez les historiens, les auteurs de fiction et le public.

A la frontière ambiguë entre le plagiat et la citation, qui aurait tellement plu à Shakespeare (nous utilisons plusieurs vers de la tragédie, empruntée à la traduction de Jean Michel Déprats dans la version française, publiée aux éditions Gallimard), nous acceptons à notre tour que ce phénomène de transmission d’un épisode historique et littéraire soit frappé par l’érosion. L’érosion du temps et du langage qui condamne la mémoire à l’incomplétude et, pour cela même, ouvre la porte à notre contribution personnelle. Si nous savions tout, nous n’en saurions que trop, et il n’y aurait pas d’urgence à faire ce spectacle.

Shakespeare a écrit, probablement en 1606, un Antoine et Cléopâtre qui a eu des difficultés à parvenir, au fil du temps, au podium de ses tragédies occupé par Hamlet, Othello, Le Roi Lear ou Macbeth. La réputation imparfaite et transgressive de cette pièce est due à la multiplicité et à la dispersion des unités de temps et d’action, désobéissant clairement aux paramètres « aristotéliciens », combiné à ce que John Drakakis nomme une « déconstruction avant la lettre » générée par un langage qui semble tirer son origine d’un « fil de conscience ». Lors des lectures que nous avons faites de Shakespeare, dès les premières répétitions de ce projet, c’est précisément cet esprit transgressif de la structure de la pièce qui nous a poussé vers un espace de liberté (et presque d’irresponsabilité) nécessaire pour oser créer notre propre Antoine et Cléopâtre.

La tragédie de Shakespeare est un inventaire de dichotomies : Orient et Occident, raison et sentiment, masculin et féminin, sexe et politique, guerre et amour, travail et oisiveté, tragédie et comédie. En confrontation, en parallèle, en complémentarité ou en symbiose, chaque ingrédient de cette pièce trouve toujours sa paire ou son revers. A l’instar du duo qui donne son nom à la pièce.

Fascinés par cette idée de duo, nous avons réduit la distribution pharaonique de Shakespeare à deux interprètes : Sofia Dias et Vítor Roriz, qui sont bien plus Sofia et Vítor que la représentation d’une Cléopâtre et d’un Antoine, ou plutôt d’un Antoine et d’une Cléopâtre. Dans ce spectacle Sofia parle obsessionnellement d’un Antoine et Vítor parle avec la même minutie de Cléopâtre. Sofia décrit tous les faits et gestes d’un Antoine vivant dans une mise en scène imaginaire. Et vice versa. « Toujours, vice versa », comme nous le disons dans le synopsis du spectacle. D’ailleurs, vice versa aurait pu être le titre de ce spectacle.

Ainsi, nous avons cherché à inventer un duo qui parle d’un autre duo, racontant et évoquant sans cesse d’invisibles Antoine et Cléopâtre, au point de plonger par instant à l’intérieur de ces noms, leurs donnant une forme visible. Nous alimentons la confusion d’identité entre Antoine et Cléopâtre, mais aussi entre interprètes et personnages. La confusion est toujours double. Cette idée, c’est Plutarque lui-même qui la propose quand il écrit d’un ton ironique et compatissant, au moment où Antoine fuit la bataille pour suivre Cléopâtre à la trace, que « l’âme d’un amant vit dans un corps étranger ». Cette tirade de Plutarque qui raconte comment Antoine se détache de sa propre identité en détruisant sa réputation et son honneur pour voir le monde à travers les yeux de Cléopâtre, tient autant de la thèse amoureuse que du paradoxe théâtral. C’est cette âme dans un corps étranger que nous expérimentons par le duo de Sofia et Vítor, qui essayent de voir le monde au travers des yeux d’Antoine et de Cléopâtre, mais aussi à travers leurs propres yeux. C’est de cette âme dans un corps étranger que nous parlons quand nous créons une pièce de théâtre pour un duo de chorégraphes. A l’instar de la confusion des duos qui changent de corps, nous avons voulu créer un spectacle où l’écriture théâtrale et la mise en scène appréhendent le monde par le biais d’un corps étranger : celui du langage, mathématique et ludique, rigoureusement poétique de l’univers chorégraphique de Sofia Dias et Vítor Roriz. Cet Antoine et Cléopâtre a été écrit en imaginant le théâtre à travers leurs yeux. Tout comme leurs interprétations scéniques doivent utiliser un corps de texte et de théâtre qui leur est à la fois étranger et familier. Car il est important de dire qu’« étranger » ne signifie pas « éloigné ». Bien au contraire. Cette collaboration est née de la reconnaissance de l’affinité artistique à ce corps étranger. Bien qu’il soit étranger, nous pourrions l’imaginer nôtre. Et, tout en changeant de corps, nous ne perdons pas irrémédiablement le nôtre. Nous le prêtons, temporairement, afin que ces corps prêtés se changent en une collaboration ou, littéralement, en un travail commun.

L’espace scénique d’Ângela Rocha et la création lumière de Nuno Meira, réunis autour du thème de l’instabilité et d’un mouvement perpétuel, donnent forme à un champ de jeux sans règles apparentes où a lieu cette collaboration artistique inspirée par l’idée d’une collaboration amoureuse. Nous collaborons aussi avec l’histoire, avec Plutarque, avec Shakespeare. Et, finalement, nous collaborons avec le public, cet indispensable et ultime collaborateur. Ce corps étranger où nous voulons voir vivre notre âme d’amant. Tiago Rodrigues, novembre 2014.


Antoine et Cléopâtre s’aiment sur les rives du Tage Tiago Rodrigues, metteur en scène portugais, livre une épure du mythe des amants maudits. Il va falloir compter avec lui : Tiago Rodrigues, le tout nouveau directeur du Teatro Nacional Dona Maria II de Lisbonne, l’équivalent portugais de la Comédie-Française. En novembre 2014, il était au Théâtre de la Bastille, à Paris, avec By Heart, un beau spectacle sur la mémoire, inspiré par sa grand-mère. En ce mois de juillet, il est à Avignon avec Antonio e Cleopatra, un autre beau spectacle, sur l’amour cette fois, inspiré par Antoine et Cléopâtre, de Shakespeare. Au printemps 2016, il retrouvera le Théâtre de la Bastille, pour une expérience unique : pendant deux mois, du 11 avril au 12 juin, Tiago Rodrigues et son équipe auront tout le bâtiment à leur disposition. Ils présenteront une version française de Bovary, une pièce de l’auteur-metteur en scène, et organiseront des ateliers, ouverts gratuitement au public, qui déboucheront sur un spectacle, Je t’ai vu pour la première fois au Théâtre de la Bastille. Cette expérience s’inscrit dans la droite ligne de ce qu’aime Tiago Rodrigues. Ce Lisboète de 38 ans, fils d’un journaliste engagé contre la dictature de Salazar et d’une mère médecin, s’est formé en fuyant le Conservatoire de Lisbonne pour aller rejoindre la troupe flamande du tgSTAN, en 1998. Il avait alors 21 ans, et il voulait se frotter à d’autres pratiques, aborder une autre manière de faire du théâtre. Il y reste cinq ans, où il joue dans plusieurs spectacles, apprend le flamand et le français, et tourne beaucoup à l’étranger. Jusqu’au moment où il se dit qu’il doit fonder « son » tgSTAN, au Portugal. Ce qu’il fait, en 2003, avec une amie, Magda Bizarro.
La compagnie, qui s’appelle Mundo Perfeito, commence par inviter des gens appartenant à des collectifs éphémères. La génération de Tiago Rodrigues arrive au théâtre avec la démocratie. Décidée à inventer, tout en sachant que le théâtre, en démocratie, peut facilement devenir plus inoffensif qu’en période de dictature. Quand il crée son premier spectacle, en 2010, Tiago Rodrigues choisit de partir d’un journal télévisé, dont les mots sont doublés par d’autres mots, dits par des comédiens. Il veut intervenir dans la vie des gens, détourner le regard attendu sur la politique.
Depuis, il n’a pas arrêté, dans tous les registres : c’est un boulimique, qui reconnaît volontiers aimer vivre et travailler entre urgence et compulsion. Le résultat est impressionnant : Tiago Rodrigues crée en moyenne quatre spectacles par saison, tout en menant de nombreuses autres activités, au Portugal et ailleurs. C’est cette énergie qui a séduit le gouvernement portugais : il cherchait un directeur qui donne un nouveau souffle au Théâtre national. Tiago Rodrigues a été nommé le 27 octobre 2014. Le jour même, il commençait à y travailler. Quelques semaines plus tard, il créait Antoine et Cléopâtre, un spectacle symptomatique de ce que ce jeune directeur apporte à l’institution, et à la scène portugaise. Au départ, Tiago voulait mettre en scène la pièce de Shakespeare. Puis il a rêvé autour du mythe des deux amants, tel qu’il a été relayé à travers les siècles, des Vies parallèles, de Plutarque à Cléopâtre, le film de Joseph Mankiewicz (1963), avec Liz Taylor et Richard Burton. Alors Tiago Rodrigues a bifurqué, et il a écrit une pièce qui est vraiment une création originale : même si des emprunts à Shakespeare apparaissent ici et là, son Antoine et Cléopâtre ne correspond en rien à ce que l’on pourrait attendre. Et c’est tant mieux. Il n’y a pas de dialogue dans la pièce. Les deux seuls personnages, Antoine et Cléopâtre, ne parlent pas à la première personne. Ils racontent leur histoire sur le mode de : « Antoine dit… », « Cléopâtre dit… » Ou pense, ou imagine, ou se rappelle. De la même façon, le présent n’est pas celui de l’action : il embrasse l’avenir et le passé, dans un va-et-vient semblable à celui des nuages et des oiseaux vers lesquels les amants lèvent les yeux, au début de la pièce. Dans les nuages, Antoine voit « son corps allongé transpercé par son épée » ; dans les oiseaux, Cléopâtre voit « le même futur trempé de sang ». Tous deux sont alors dans le bonheur d’être là, ensemble, dans la sensualité d’un regard, le goût du vin, des fruits et des corps, les respirations qui s’unissent. Ils ne se disent pas ce qu’ils pensent de leurs visions, mais l’on sait que pour Antoine le présent compte plus que l’avenir, alors que Cléopâtre croit que l’on peut changer le futur. Ainsi se met en place une pièce où tout, de l’amour à la guerre, du Nil au bord du Tibre, de la vie à la mort, sera relaté dans un style simple, répétitif, et hypnotique, comme le jeu des interprètes, Sofia Dias et Vítor Roriz. Ces deux danseurs, qui savent chorégraphier les mots et les gestes, abolissent la frontière du masculin et du féminin. Ils sont dans « l’un » de l’amour éternel, deux amants dont les « Antoine respire. Cléopâtre respire » nous poursuivent, une fois qu’on les a quittés, comme nous poursuivent les « a-a-a-a » de O Superman, la chanson de Laurie Anderson, qui annoncent une des plus belles scènes de Richard III, mis en scène par Thomas Ostermeier. Ils nous poursuivront longtemps, et resteront dans nos mémoires, petits cailloux blancs sur le chemin du souvenir de l’édition 2015 du Festival. Brigitte Salino, Le Monde, juillet 2015.


ESPACES PLURIELS
SCÈNE CONVENTIONNÉE
DANSE / PAU
T 05 59 84 11 93