Flip Grater / Julie Nioche
Concert / Matter
Musique / Danse mardi 14 octobre 19h / 20h30 / Théâtre Saragosse
TARIF B

L’accès au concert de Flip Grater se fait sur présentation d’un billet pour le spectacle Matter de Julie Nioche.

Pour ouvrir la saison 14/15, l’équipe de la scène Espaces Pluriels vous convie à une soirée sublime, en compagnie de deux artistes montantes. Vous en avez peut-être entendu parler sur France Inter, ou par le biais d’un article récemment paru dans Télérama ou des Inrockuptibles à l’occasion de la sortie de son dernier album Pigalle. Flip Grater, avec sa voix suave et son timbre folk, fait le buzz de la rentrée musicale. Elle sera présente pour une soirée-événement aux côtés de la chorégraphe et danseuse Julie Nioche, dont la pièce Matter a elle-même été saluée unanimement par la presse à Avignon cet été.

19h Flip Grater " Installée à Paris, la Néo-Zélandaise Flip Grater, qui tient son surnom du dauphin Flipper, publie un quatrième album qu’elle a peaufiné avec Maxime Delpierre à la production, Babx au piano et à la basse et Alice Lewis aux choeurs. Soit onze chansons de folk douillet, qui placent à nouveau cette musicienne méconnue en cousine de Cat Power (The Quit, Hymns, Justin Was a Junkie). C’est quand elle privilégie la sobriété, posant sa voix sur une guitare délicate, qu’elle séduit le plus, alignant des ballades mélancoliques et brutes, parfaites pour le soir. " Les inrockuptibles.fr, Johanna Seban, 08 septembre 2014.

Écoutez Flip Grater sur : France Culture, France Inter, Facebook

20h30 Matter / Julie Nioche. Danseuse, chorégraphe et ostéopathe, Julie Nioche a d’abord travaillé comme interprète auprès d’Odile Duboc, Hervé Robbe, Meg Stuart, Emmanuelle Huynh ou encore Alain Buffard, avant de co-diriger l’association Fin Novembre jusqu’en 2006 avec Rachid Ouramdane. En 2007, elle crée A.I.M.E. Association d’Individus en Mouvements Engagés qui oeuvre au partage des savoirs liés à la danse, notamment des pratiques somatiques. Ses pièces mènent la danse vers des mises en scène sobres et plastiques, évocatrices d’états physiques forts.
Elle reprend aujourd’hui la pièce Matter, créée en 2008. Julie Nioche est allée pendant deux ans à la rencontre de quatre danseuses et chorégraphes (turque, marocaine, suédoise et norvégienne) qui l’ont touchée ou questionnée, pour comprendre comment se sont construits leur imaginaire, leur façon particulière de s’engager dans l’espace public. Toutes vêtues de robes en papier blanc vouées à disparaître au contact de l’eau, chacune des danseuses déserte les symboles véhiculés par cette peau superficielle. La dégradation de leur robe donne à leur corps une puissance à la fois sensuelle et dérisoire. Ce processus de disparition de leur « robe-témoin » met en scène la transformation, la multiplicité et l’impermanence du corps féminin.

« Avec Matter, Julie Nioche signe une pièce implacable, d’extrême tension plastique, dénuée de toute complaisance. Sa meilleure. » Gérard Mayen, Mouvement, juin 2008.

A.I.M.E.
CONCEPTION, CHORÉGRAPHIE JULIE NIOCHE
INTERPRÉTATION LOAN HA, RANI NAIR, JULIE NIOCHE, FILIZ SIZANLI
AVEC LA PARTICIPATION DE MIA HABIB ET BOUCHRA OUIZGUEN
SCÉNOGRAPHIE VIRGINIE MIRA
MUSIQUE ALEXANDRE MEYER
LUMIÈRES GILLES GENTNER
COSTUMES NINO CHUBINISHVILI ET ANNA RIZZA
RÉGIE GÉNÉRALE CHRISTIAN LE MOULINIER
RÉALISATION DU DÉCOR LES ATELIERS JIPANCO
AVEC LA PARTICIPATION DE SÉVERINE BESSAC, LAURE COUTURIER, SYLVAIN GIRAUDEAU
CRÉDIT PHOTO JÉRÔME DELATOUR - IMAGES DE DANSE

FLIP GRATER
FLIP GRATER GUITARE / CHANT
SEBA CONTREBASSE
FRÉDÉRIC JEAN BATTERIE/JUNO

L’accès au concert de Flip Grater se fait sur présentation d’un billet pour le spectacle Matter de Julie Nioche.

Pour ouvrir la saison 14/15, l’équipe de la scène Espaces Pluriels vous convie à une soirée sublime, en compagnie de deux artistes montantes. Vous en avez peut-être entendu parler sur France Inter, ou par le biais d’un article récemment paru dans Télérama ou des Inrockuptibles à l’occasion de la sortie de son dernier album Pigalle. Flip Grater, avec sa voix suave et son timbre folk, fait le buzz de la rentrée musicale. Elle sera présente pour une soirée-événement aux côtés de la chorégraphe et danseuse Julie Nioche, dont la pièce Matter a elle-même été saluée unanimement par la presse à Avignon cet été.

19h Flip Grater " Installée à Paris, la Néo-Zélandaise Flip Grater, qui tient son surnom du dauphin Flipper, publie un quatrième album qu’elle a peaufiné avec Maxime Delpierre à la production, Babx au piano et à la basse et Alice Lewis aux choeurs. Soit onze chansons de folk douillet, qui placent à nouveau cette musicienne méconnue en cousine de Cat Power (The Quit, Hymns, Justin Was a Junkie). C’est quand elle privilégie la sobriété, posant sa voix sur une guitare délicate, qu’elle séduit le plus, alignant des ballades mélancoliques et brutes, parfaites pour le soir. " Les inrockuptibles.fr, Johanna Seban, 08 septembre 2014.

Écoutez Flip Grater sur : France Culture, France Inter, Facebook

20h30 Matter / Julie Nioche. Danseuse, chorégraphe et ostéopathe, Julie Nioche a d’abord travaillé comme interprète auprès d’Odile Duboc, Hervé Robbe, Meg Stuart, Emmanuelle Huynh ou encore Alain Buffard, avant de co-diriger l’association Fin Novembre jusqu’en 2006 avec Rachid Ouramdane. En 2007, elle crée A.I.M.E. Association d’Individus en Mouvements Engagés qui oeuvre au partage des savoirs liés à la danse, notamment des pratiques somatiques. Ses pièces mènent la danse vers des mises en scène sobres et plastiques, évocatrices d’états physiques forts.
Elle reprend aujourd’hui la pièce Matter, créée en 2008. Julie Nioche est allée pendant deux ans à la rencontre de quatre danseuses et chorégraphes (turque, marocaine, suédoise et norvégienne) qui l’ont touchée ou questionnée, pour comprendre comment se sont construits leur imaginaire, leur façon particulière de s’engager dans l’espace public. Toutes vêtues de robes en papier blanc vouées à disparaître au contact de l’eau, chacune des danseuses déserte les symboles véhiculés par cette peau superficielle. La dégradation de leur robe donne à leur corps une puissance à la fois sensuelle et dérisoire. Ce processus de disparition de leur « robe-témoin » met en scène la transformation, la multiplicité et l’impermanence du corps féminin.

« Avec Matter, Julie Nioche signe une pièce implacable, d’extrême tension plastique, dénuée de toute complaisance. Sa meilleure. » Gérard Mayen, Mouvement, juin 2008.

DISTRIBUTION

A.I.M.E.
CONCEPTION, CHORÉGRAPHIE JULIE NIOCHE
INTERPRÉTATION LOAN HA, RANI NAIR, JULIE NIOCHE, FILIZ SIZANLI
AVEC LA PARTICIPATION DE MIA HABIB ET BOUCHRA OUIZGUEN
SCÉNOGRAPHIE VIRGINIE MIRA
MUSIQUE ALEXANDRE MEYER
LUMIÈRES GILLES GENTNER
COSTUMES NINO CHUBINISHVILI ET ANNA RIZZA
RÉGIE GÉNÉRALE CHRISTIAN LE MOULINIER
RÉALISATION DU DÉCOR LES ATELIERS JIPANCO
AVEC LA PARTICIPATION DE SÉVERINE BESSAC, LAURE COUTURIER, SYLVAIN GIRAUDEAU
CRÉDIT PHOTO JÉRÔME DELATOUR - IMAGES DE DANSE

FLIP GRATER
FLIP GRATER GUITARE / CHANT
SEBA CONTREBASSE
FRÉDÉRIC JEAN BATTERIE/JUNO

+ PLUS D'INFOS
BIOGRAPHIE

Julie Nioche
Julie Nioche est ostéopathe et chorégraphe. Danseuse diplômée du C.N.S.M.D. de Paris, elle a été interprète auprès d’Odile Duboc, Hervé Robbe, Meg Stuart, Alain Michard, Catherine Contour, Emmanuelle Huynh, Alain Buffard, Jennifer Lacey, puis a codirigé l’association Fin Novembre jusqu’en 2006 avec Rachid Ouramdane. En 2007, avec des collaborateurs venus de contextes professionnels différents, elle crée A.I.M.E. - Association d’Individus en Mouvements Engagés. A.I.M.E. accompagne ses projets artistiques et travaille particulièrement autour des cultures du geste et des représentations du corps dans les champs de la danse, du travail social et médical. Les chorégraphies de Julie Nioche mènent la danse vers des mises en scènes sobres et plastiques évocatrices d’états physiques forts (XX with Alice - 2001, H2O-NaCl-CaCO3 - 2005, Matter - 2008, Nos solitudes - 2010,…). Ses pièces mettent en relation permanente et interdépendante la danse, la scénographie, la lumière et la musique, proposant des environnements artistiques qui éveillent l’empathie des spectateurs à travers leurs propres sensations.
Julie Nioche redonne ainsi à la danse, par son lien à la sensation et la sensualité, une dimension oubliée de la fabrique politique des corps.
En 2012, Julie Nioche cosigne avec Virginie Mira, architecte et scénographe, la pièce Voleuse, pour quatre danseuses et une grande hélice.
En 2013, elle crée le dispositif chorégraphique Sensationnelle avec Isabelle Ginot et s’engage suite à une commande du Vivat à Armentières dans la conception de son premier projet jeune public en proposant la pièce En Classe pour des élèves de 7 à 11 ans dans leur salle de classe.
Depuis 2010 A.I.M.E. est compagnie conventionnée par la Direction régionale des affaires culturelles d’Îlede- France - Ministère de la Culture et de la Communication et depuis 2012 est soutenue par la Région Île de France
Julie Nioche est avec A.I.M.E en résidence au Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque.
Elle est artiste associée avec A.I.M.E. à l’Échangeur – CDC Picardie.

Flip Grater
Le chemin est long depuis la Nouvelle Zélande et Flip Grater en est déjà à son troisième album. Son premier, Cage For A Song (2006) traîne sur la scène folk et alt-country. l’une de ses chansons a été sélectionnée par les producteurs de la série télé américaine Brothers and Sisters pour l’épisode final de la première saison. En 2007, Flip Grater publie le premier Cookbook Tour, concept qui allie performances vidéos, journal de bord et livre de recettes collectées lors de sa tournée néo-zélandaise.
Cette oeuvre atypique a fait l’unanimité des medias néo-zélandais. Son deuxième album, Be All And End All, sort en 2008. les critiques saluent ses balades indie-folk, réminiscences de PJ Harvey ou Suzanne Vega. S’en suivit une longue tournée dans une douzaine de pays. Ce While I’m Awake I’m At War se révèle d’une rare sensibilité. langoureuse et reposante, la folk teintée (légèrement) de country de Flip Grater laisse entrevoir une jeune fille rêveuse, un rien mélancolique, mais généreuse dans les sentiments partagés. Si la voix éthérée et bouleversante de « Find me » la rapproche de Cat Power, la ritournelle entêtante de « Careful » penche vers le meilleur de Suzanne Vega.
While I’m Awake I’m At War pourrait être un éloge de la lenteur et du bon goût. l’enregistrement est très appliqué, minutieux même. Principalement accompagnée d’une guitare acoustique que rehaussent à peine quelques violons, Flip Grater ralentit la marche d’un monde devenu trop fou pour être honnête. L’an passée, Flip Grater s’envole pour l’europe, sillonne l’Allemagne, plus particulièrement avec Cocoon dont elle assure la première partie. Parallèlement, elle prépare son deuxième livre, The Cookbook Tour Europe, carnet de bord de sa tournée européenne de 2009, où elle retrace ses pensées, ses péripéties et rencontres tel ce cours de cuisine végétalienne avec une américaine à Paris, ou la visite d’un vignoble en italie. mais c’est finalement à Paris qu’elle décide de s’installer, au printemps de cette année, après avoir visité à nouveau l’italie ou le Brésil. On l’aura compris, Flip Grater est une passionnée de musique, de vins et de cuisine (végétarienne).les trois lui sont intimement liés et son regard du bout du monde vaut le détour. il ne faudra pas s’étonner de la voir jouer dans un château au fin fond du médoc, au milieu des vignes ou venir s’inviter, chez vous, pour préparer l’une des multiples recettes qui la font saliver. de quoi s’attacher définitivement à cette « baroudeuse »,au sens noble du terme.


ENTRETIEN

Interview de Flip Grater
The Quit, votre profession de foi ?
Ce qui tend à nourrir le plus spontanément mes chansons, ce sont mes propres histoires, sentiments, impressions. The Quit parle de mon aisance angoissante en Nouvelle-Zélande, d’un désir grandissant de repousser mes limites et d’explorer mon aire de confort en cherchant du nouveau, en devenant quelqu’un d’autre… Nous sommes tous accros à quelque chose : la défonce, l’alcool, mais aussi bien la nourriture, la télé, le confort… et quelle que soit la drogue, il est important de s’en garder. La rupture est primordiale pour progresser en humanité.

Que symbolise Pigalle pour vous ?
L’album explore toutes sortes de directions thématiques - nostalgie, passion, came, salut et damnation, tradition, changement, sexe, romantisme, états d’âme… Quand j’enregistrais, au Studio Pigalle, déambulant à travers Montmartre et Pigalle jour après jour, il m’est apparu que le quartier concentrait tout cela. Il y a toute cette vieille ordure de bordels et de réclame sexuelle côtoyant les bars branchés ; il y a les touristes et les vieux locaux attachés au passé pittoresque, cultivant la légende du quartier ; la tradition voisinant avec les jeunes pousses de modernité : réalité sordide et gentrification… Cela me paraissait parfaitement cadrer avec l’album en chantier.

Une influence assumée de Marianne Faithfull et de son Broken English ?
J’aime profondément Broken English, je l’ai beaucoup écouté mais, non, jamais je ne me suis sentie consciemment influencée par Marianne Faithfull. Je me rappelle, quand l’album est sorti [en 1981,Flip Grater, née en septembre à Christchurch, Nouvelle-Zélande, avait zéro an, ndlr], avoir songé combien la voix embellit avec l’âge… Je dirais que j’ai toujours secrètement aspiré à être une vieille dame, pour la maturité narrative, la richesse de l’expérience, la profondeur vocale, tout en flippant à chaque anniversaire…

La singularité de Pigalle, par rapport à vos enregistrements précédents ?
J’ai la conviction que chacun de mes albums reste identifié à la personne que j’étais au moment de l’enregistrement - ce que je traversais, ce qui m’inspirait alors. While I’m Awake I’m at War était un honnête recueil folk, et mon souci premier, d’accord avec le producteur, était d’y servir la simplicité des couplets : de les enregistrer en les fignolant mais en résistant à la tentation, inévitable en studio, d’ajouter ci et ça, mille détails et couches. Avec Pigalle, au contraire, Maxime [Delpierre, guitares, clavier, production] et moi ambitionnions un album très fouillé, très citadin. Un disque résonant des émotions et inspirations mêlées de la vie dans une grande ville européenne pour la première fois.
Recueilli par Bayon, Libération, 22 septembre 2014.


PRESSE

La danse nue et crue de Julie Nioche
Cette pièce est le fruit d’un travail de longue haleine avec trois chorégraphes (Mia Habib, Rani Nair, Bouchra Ouizguen ) présentes sur le plateau, aux côtés de Julie Nioche.
Matter constitue une tentative de mise à nu de la danse par ses interprètes mêmes. Les limites d’ordinaire établies entre le corps vivant et la scène se diluent dans un dispositif visuel pas banal.
La première interprète à intervenir face au public porte une robe blanche faite de papier froissé qu’une assistante agrafe dans son dos avec du scotch. Fragile mannequin. Elle danse à coups de gestes si brutaux qu’ils en déchirent le fin tissu qui la vêt. De l’eau tombée des cintres achève de dissoudre le papier. Son corps se voit donc dévêtu par le mouvement au sein de l’élément liquide qui contribue à sa nudité. Même résultat avec la deuxième interprète tandis que la costumière, au chevet de la première, enveloppe son corps humide d’une autre robe de papier.
Sous la robe en papier de la danseuse numéro deux s’élargit une grosse tache d’encre noire diluée délimitée au sol par de fines baguettes. On dirait qu’elle perd les eaux, qu’elle va en quelque sorte accoucher de sa propre pratique. Elle aussi finit nue tout comme les deux suivantes. Les quatre jeunes femmes, tour à tour au travail, baignent bientôt dans une humidité sombre où leurs pieds barbotent jusqu’au bas de leur robe. Une fois rhabillées de blanc, elles gisent immobiles. Elles semblent être des religieuses. L’exercice recommence si bien que les voici tour à tour lavées et contaminées par des gestes de plus en plus fous. Elles rejettent toute règle apprise, tout carcan eût-il la minceur d’une feuille de papier, pour se retrouver nues et vierges. L’espace, témoin désormais de leurs évolutions, garde encore trace des signes ébauchés, tel le brouillon noirci d’un texte effacé, tandis qu’elles retournent à l’immobilité première, d’où peut renaître ou pas le mouvement. Muriel Steinmetz, L’Humanité, 2 juin 2008.

Avec Matter, Julie Nioche signe ainsi une pièce implacable, d’extrême tension plastique, dénuée de toute complaisance. Sa meilleure.
Quatre jeunes femmes – dont elle-même – font le plus souvent face aux spectateurs. Par l’entremise d’une assistante, elles sacrifient, tour à tour, à de patientes séances d’habillage. Les costumes sont de papier, aux lignes droites, et plis francs. Ce sont des robes. Féminines. Au sol, lentement, se répand une énigmatique eau de couleur noire, par petites surfaces fragmentées.
Mais il tombe aussi de l’eau, il pleut, sans explication, depuis les cintres sur toute la scène. Seul élément masculin, le guitariste Alexandre Meyer diffuse un son de sourde contrainte.
Toute une patiente métamorphose, cérémonieuse, voit les figures iconiques de ces femmes, exposées en orantes, communiantes, tragédiennes, souveraines, s’ébranler en tensions, secousses, prosternations, aux énergies âpres et écorchées ; déroute orageuse, de chevelures ruinées, de vêtements dissous et déchirés, de salissure et flottaison, sculptures en désagrégation. Or surnagent force et tempérament, dans l’indocile trempe d’une double vague de mises à nu et en création. (…) Gérard Mayen, Mouvement.net, 04 juin 2008.

Matter : de l’or noir
Merci’ c’est finalement le seul message qui pourrait être adressé à Julie Nioche pour son "Matter".
Voilà une proposition spectaculaire aboutie, franche, radicale, honnête et d’une beauté immense. Et pourtant, les conditions ont été difficiles pour cette première, entre un conflit des intermittents que l’on connaît et une danseuse qui se blesse et qu’il faut, dans l’urgence, relever !
Les techniques utilisées sont aussi complexes que la chorégraphie pour donner aux yeux du public une succession de tableaux somptueux et puissants qui s’égrainent par des changements lumières à l’image d’un appareil photo : clic-clac’.
À mesure que le spectacle se dévoile, le plateau se remplit d’un sang noir dans lequel les danseuses se débattent, luttent et jouent aussi.
Entre Soulages et Malevitch, Julie Nioche offre un travail quasi parfait et d’ailleurs le public, passé les applaudissements plus que nourris, reste encore assis face "Matter" de Julie Nioche, aux interprètes et il flotte alors dans la salle un autre message : "encore" !. Le Dauphiné, Vincent Marin, 22 juillet 2014.

Songe dansé sous une pluie d’été
Matter, de Julie Nioche, plonge les corps dans l’eau et les sensations brutes.
Une petite robe en papier blanc à découper et à coller directement sur soi. Une blouse en crépon qui crisse et prend l’eau à la moindre ondée. Une chose érotique qui n’ose pas le dire mais le pense un peu. Ce vestiaire minimaliste et virginal habille les quatre femmes du spectacle Matter, chorégraphié par Julie Nioche. Elle sert de cocon à une mue aquatique belle comme un retour à la nature avec un je-ne-sais-quoi de bataille d’eau dans l’air qui fait heureusement déborder le plateau. (...) Les mythologies de la robe blanche, loin de celle de sa jumelle noire, vont de l’enfance à la mort. Selon les tenues imaginées par Nino Chubinishvili et Anna Rizza pour Matter, les figures de la petite fille, de la communiante, la mariée, la religieuse, l’ange... et même le cygne se recouvrent les unes les autres selon les détails (jupon corolle, chapeau cornette...), des tenues dont chacune a été taillée au plus près des caractères des danseuses. Avec l’idée de pureté intouchable qui n’attend qu’un coup de chaud pour se faire des taches. La surprise et la réussite de Matter résident dans son statut rare d’objet plastique vivant. Non seulement les costumes se dissolvent mais le sol se dilue en un tableau mouvant. Blanc au départ, il prend imperceptiblement l’eau par plaques, puis se couvre d’une encre noire dessinant des floraisons étranges dans lesquelles la petite robe se salit. L’inondation transforme le plateau en piscine-patinoire. Tout est ici mis en oeuvre par Julie Nioche pour retrouver un corps de sensations brutes, instinctives, singulières à chacune des danseuses. Non seulement les costumes se dissolvent, mais le sol se dilue en un tableau mouvant Qui dit eau à flots pense humeurs, liquides. Larmes, urine, lait et autres fluides se rejoignent symboliquement sur ce plateau dégoulinant où l’eau se veut nourricière et mortifère comme il se doit. Le philosophe Gaston Bachelard n’est jamais loin pour tremper le corps féminin dans un bain qui le remet en phase avec lui-même. L’une des scènes cinglantes de Matter explose dans une libération sauvage et bénéfique comme un cri. Sur des percussions et des riffs de guitare, colorées en jaune soleil, les filles se jettent dans une danse secouée et rock qui renoue avec les origines et une certaine idée du corps-nature. Le Monde, Rosita Boisseau, 23 juillet 2014.

A ses débuts, en 2004, Clare Grater, de son vrai nom antipodique, alias Flip, évoquait un Chris Isaak en robe, pour le mood rockab smooth. Ou Tanita Tikaram peut-être (Twist in My Sobriety), au physique plus qu’au vocal. This Road Leads Home donnait le ton emblématique, country folk charnel, de l’époque. Les temps changeant, passé tel joli match de ping-pong choriste en Ring Around the Rosie, revoilà la jeune étrangère sur terre recadrée glamour de la place Blanche pour le fun, avec un petit tour de mâchoire cow-girl sur le côté.
Capiteux. New wave feutrée pour l’atmosphère ambient, étoffé de gravité et de profondeur sonore sophistiquée, le projet insolite, évoquant Jours tranquilles à Clichy, de Henry Miller, ou le précédent pop britannique inconnu In the Salpêtrière, bijou nervosiste 2007 de la violoniste Paris Motel alias Amy May, Pigalle, pour l’appeler par son beau nom cliché capiteux et pourri, procède d’un volontarisme légèrement masochiste intéressant ladite Flip Grater, à la Bashung, T.E. Lawrence ou Jésus revus « chanteuses du néant » sans le savoir : qu’il faut se perdre pour se trouver, mourir à soi-même pour naître. Témoin l’album mordoré franco-zélandais de revue, yeux, ongles et lèvres peints, voix de gorge, bouche à oreille. Petites morts. Bayon, Libération, 22 septembre 2014.


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