Précédent
Suivant
Élise Chatauret
Thomas Pondevie
Théâtre / mercredi 24 mars 20h  / Le Foirail
durée 1h30 / TARIF B / bord plateau après le spectacle

Entre slows étonnants et ambiguïté des corps, le spectacle interroge le désir et met en scène nos aspirations à de nouvelles formes de relation. Cette suite de tableaux vivants décline avec humour le trouble, la séduction et l’émancipation au sein des relations amoureuses.

Comment nos désirs traduisent-ils un contexte et une époque ? En quoi sont-ils profondément politiques ? Nos corps désirants charrie avec humour l’imagerie et les fantasmes générés par le désir. La Compagnie Babel, portée par la metteuse en scène Élise Chatauret et le dramaturge Thomas Pondevie, nous invite à repenser nos récits intimes et partagés à partir d’enquêtes menées entre autres auprès des jeunes générations. « Pour un flirt avec toi », « Quand il me prend dans ses bras » : nos inconscients collectifs sont pétris de chansons que l’on fredonne sans y penser. Pour mettre en scène ce texte composé de paroles décortiquées et réagencées, Élise Chatauret convoque sur le plateau une vaste iconographie, de Fragonard aux Surréalistes, de Bosch à Picasso. Cette matière visuelle imprègne une partition chorégraphique signée Sylvain Huc, artiste associé à la scène Espaces Pluriels, qui orchestre avec bonheur ce nuancier du sensible et traduit le désir dans les corps. La scène devient tour à tour lieu de fête, de bal, de rêve et le théâtre un espace de liberté.

Création / coproduction espaces pluriels

Avec Julien Bachelet, François Clavier, Mamadou Judy Diallo, Solenne Kéravis, Juliette Plumecoq-Mech, Charles Zévaco / Ecriture et mise en scène Elise Chatauret / Ecriture et dramaturgie Thomas Pondevie / Collaboration artistique et écriture chorégraphique Sylvain Huc / Scénographie Charles Chauvet / Construction du décor Atelier de la Comédie de Saint- Etienne, CDN / Création sonore Jérôme Castel / Lumières Léa Maris / Costumigraphie Noé Quilichini / Assistante mise en scène et dramaturgie Agathe Peyrard / Crédit photo Charles Chauvet

Production

Production Compagnie Babel. Coproduction La Comédie - CDN de Saint-Etienne, CDN de Normandie-Rouen, Théâtre des quartiers d’Ivry - CDN du Val-de-Marne, MC2 - Maison de la Culture de Grenoble Scène Nationale, Equinoxe - Scène Nationale de Châteauroux, La MAC - scène nationale de Créteil, Les Quinconces & L’Espal - Scène nationale Le Mans, Théâtre Molière Sète - Scène nationale du bassin de Thau, Le Théâtre d’Angoulême - Scène nationale, Théâtre de Nîmes - Scène conventionnée, Théâtre Jean Vilar de Vitrysur- Seine, Espaces Pluriels Pau Scène conventionnée d’intérêt national Art et création - Danse. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National. Soutien DRAC Ile-de- France, Région Île-de-France.

Entre slows étonnants et ambiguïté des corps, le spectacle interroge le désir et met en scène nos aspirations à de nouvelles formes de relation. Cette suite de tableaux vivants décline avec humour le trouble, la séduction et l’émancipation au sein des relations amoureuses.

Comment nos désirs traduisent-ils un contexte et une époque ? En quoi sont-ils profondément politiques ? Nos corps désirants charrie avec humour l’imagerie et les fantasmes générés par le désir. La Compagnie Babel, portée par la metteuse en scène Élise Chatauret et le dramaturge Thomas Pondevie, nous invite à repenser nos récits intimes et partagés à partir d’enquêtes menées entre autres auprès des jeunes générations. « Pour un flirt avec toi », « Quand il me prend dans ses bras » : nos inconscients collectifs sont pétris de chansons que l’on fredonne sans y penser. Pour mettre en scène ce texte composé de paroles décortiquées et réagencées, Élise Chatauret convoque sur le plateau une vaste iconographie, de Fragonard aux Surréalistes, de Bosch à Picasso. Cette matière visuelle imprègne une partition chorégraphique signée Sylvain Huc, artiste associé à la scène Espaces Pluriels, qui orchestre avec bonheur ce nuancier du sensible et traduit le désir dans les corps. La scène devient tour à tour lieu de fête, de bal, de rêve et le théâtre un espace de liberté.

DISTRIBUTION

Avec Julien Bachelet, François Clavier, Mamadou Judy Diallo, Solenne Kéravis, Juliette Plumecoq-Mech, Charles Zévaco / Ecriture et mise en scène Elise Chatauret / Ecriture et dramaturgie Thomas Pondevie / Collaboration artistique et écriture chorégraphique Sylvain Huc / Scénographie Charles Chauvet / Construction du décor Atelier de la Comédie de Saint- Etienne, CDN / Création sonore Jérôme Castel / Lumières Léa Maris / Costumigraphie Noé Quilichini / Assistante mise en scène et dramaturgie Agathe Peyrard / Crédit photo Charles Chauvet

 

Workshop théâtre

autour de Nos corps désirants
mardi 23 mars 18h30 - 21h30
Théâtre Saragosse

tous publics – tarif unique 25€ + 14€ pour le spectacle
achetez vos places

Pour rencontrer les artistes, comprendre leur démarche de création, traverser de nouvelles expériences ou simplement passer un moment ensemble… rien de tel que de faire, alors rejoignez-nous !

Cet atelier propose d’expérimenter, par un certain nombre de jeux théâtraux, les rapports qui s’instaurent entre deux interprètes face à face sur scène, ou trois, quatre, cinq interprètes, un groupe entier, etc., selon la distance, la taille, le sexe, et tout un nombre de variations qui activent autrement l’imaginaire. Seront abordés, de façon ludique, certains fondamentaux du théâtre : l’entrée en scène, la présence, la posture, le regard, l’improvisation, etc.

Dans un second temps, la chanson reliera cet atelier à l’un des champs d’exploration du spectacle. Vecteur idéologique puissant, la chanson travaille nos imaginaires par l’oreille, de façon plus insidieuse et non moins insistante. A partir de quelques chansons d’amour proposées par l’intervenant, un travail scénique sera imaginé pour en révéler l’implicite et tenter de les faire parler...

 

Compagnie Babel

La compagnie Babel naît en 2008. Elle est dirigée depuis ses débuts par Elise Chatauret, autrice et metteuse en scène, qui écrit les spectacles de la compagnie à partir de confrontations brutes avec le réel (entretiens, enquêtes, immersion). Depuis 2015, Thomas Pondevie est dramaturge sur l’ensemble des projets de la compagnie qu’ils codirigent depuis 2021.

A sa création, la compagnie s’ancre en Seine-Saint-Denis et bénéficie d’une résidence triennale au Centre culturel Jean-Houdremont de la Courneuve. Elle développe sur place un travail de création en lien étroit avec les habitants. En 2011, Élise Chatauret crée la Troupe Babel, composée de jeunes comédiens issus du lycée Jacques Brel de la Courneuve, qu’elle forme, rémunère et accompagne dans un processus de professionnalisation. Elle monte avec eux plusieurs spectacles dont Babel (qu’elle écrit) et Antigone de Sophocle. Bénéficiant du dispositif de compagnonnage Drac Ile-de-France, Élise Chatauret crée Nous ne sommes pas seuls au monde en 2014 à la Maison des Métallos - festival Une semaine en compagnie.

En 2016, la création Ce qui demeure, ouvre un cycle de recherche et de création avec la même équipe. Suivront Saint-Félix, enquête sur un hameau français (2018) et A la vie ! (2020), créé à la MC2 Grenoble. Ces trois pièces sont au répertoire et tournent à travers toute la France.

De 2018 à 2020, la compagnie est en résidence d’implantation triennale à Herblay-sur-Seine et crée Autoportrait d’une jeunesse (2020) avec 11 jeunes de 15 à 20 ans du territoire.

En 2021, Élise Chatauret et Thomas Pondevie créent Pères, enquête sur les paternités d’aujourd’hui avec La Poudrerie, Scène conventionnée Art et Territoire de Sevran.

Durant la saison 2021-2022, la compagnie prend en charge la première création partagée à la Manufacture-CDN Nancy-Lorraine : Fracas, spectacle choral, musical et documentaire avec 51 amateurs du Grand Nancy, créé en mai 22 sur le grand plateau de la Manufacture.

En mars 2023, le spectacle Les Moments doux est créé à la Manufacture, CDN Nancy-Lorraine. En juin 2024, Elise Chatauret et Thomas Pondevie écrivent et mettent en scène le spectacle de sortie des élèves de l’ESAD Par la volonté du Peuple.

La Saison 24-25 est dédiée à la création de Nos assemblées spectacle tout terrain en partenariat avec La Poudrerie-Scène conventionnée Art et Territoire de Sevran et à la tournée des pièces au répertoire.

La Saison 25-26 sera marquée par les répétitions de Nos Corps désirants et le travail avec les apprenti·es de l’école de la Comédie de Saint-Étienne pour la création de Conter Fleurette, un spectacle à destination des collégien·ne·s, en parallèle des tournées du répertoire.

La Compagnie Babel est associée à Equinoxe, Scène Nationale de Châteauroux depuis 2023 et à la Comédie de Saint-Etienne, CDN et à la MAC de Créteil, scène nationale, à partir de septembre 2025. La compagnie est conventionnée par la Drac Ile-de-France - Ministère de la Culture et par la Région Ile-de-France au titre de la Permanence Artistique et Culturelle.

Note d’intention

L’écriture de Nos corps désirants puise dans le terreau de la chanson française, de l’histoire de l’art, et de la littérature pour construire une partition mémorielle tissée de bribes éparses. C’est un premier geste pour mieux reconfigurer, changer de regard et mettre en question ce dont nous héritons.

Nos inconscients collectifs sont pétris par les chansons que l’on fredonne sans y penser depuis toujours. Comme des vers d’oreilles, elles s’immiscent en nous et colonisent nos imaginaires. L’air de rien. En compilant les paroles de ces chansons populaires autour de l’amour et du désir, nous sommes frappés par l’idéologie que nombre d’entre elles véhiculent et qui nous façonnent : l’obsession jusqu’à la réification du corps féminin, l’expression réitéré du désir de viol, d’inceste, de pédophilie, et nombre de fantasmes problématiques.

[...] Les paroles de ces chansons, montées, réagencées et dissociées de la musique, serviront de matière textuelle pour les interprètes au plateau. Nous donnons ainsi à entendre autrement ce que l’on n’écoute plus forcément et qui nous imprègne pourtant depuis toujours, charriant imageries et fantasmes.

Nous prendrons également appui tout au long du spectacle sur un imaginaire pictural. De Fragonard aux surréalistes, de Bosch à Picasso, de Léonard de Vinci à Bacon, la peinture a fait des corps et du désir son sujet central. Chaque séquence du spectacle sera "jumelée" à une iconographie du désir à travers une série de tableaux source ; et chaque interprète construira de même sa partition à partir d’un corpus d’œuvres qui l’inspirera de façon transversale et presque fantomatique.

Ces œuvres picturales sont intrinsèquement liées à des récits mythologiques et bibliques comme à une tradition littéraire dont nous reparcourons aussi la mémoire dans les corps. Servant de sous-texte aux interprètes, ces récits – d’Ovide à Choderlos de Laclos en passant par Duras –complètent la trame mémorielle qui se dessine au plateau. Tous ces matériaux sont dans un premier temps comme répertoriés et dépliés sur le plateau par les interprètes. Mis en jeu d’abord de façon silencieuse au plateau, ils ouvrent la voie dans la suite du spectacle à différentes reconfigurations et à tout un questionnement sur le traitement des œuvres du passé (par un débat autour des enjeux de la « cancel culture »).

Nous avons fait le choix d’associer le chorégraphe et danseur Sylvain Huc à la création du spectacle. Il s’agit de chercher des traductions sensorielles du désir, par le mouvement, l’interaction des corps, pour ouvrir la perception à tous les petits gestes qui construisent la relation d’un corps à et sur l’autre ; car en tant que pulsion vitale première, le désir est peut-être à l’origine de la mise en mouvement qui nous pousse les uns vers les autres et nous met littéralement hors de nous. Ensemble, nous traquerons le trouble et le non-normatif de chaque situation pour nourrir un univers onirique fait de frottements et de fantasmagories.

La place laissée à l’expression des corps déplace aussi le langage verbal à un autre niveau. Quasi absente de toute la première partie du spectacle, la parole surgit dans un second temps, pour dire ce qui était tu. C’est par là aussi une façon de dire combien le silence blesse, enferme et isole, et inhibe le désir.

Il s’agit d’essayer au fond de mettre à plat nos grilles de lecture, de les rejouer, de les déjouer, de les faire jouer pour comprendre comment un corps peut se libérer des désirs qu’on lui impose, dont il hérite ou qu’on a imaginé pour lui. Se mouvoir, danser, vibrer hors des idées toutes faites ; rendre à nos corps leur possibilité d’invention hors de toute la pornographie qu’on pourrait nous vendre. C’est un programme esthétique et politique.

ESPACES PLURIELS PAU
SCÈNE CONVENTIONNÉE D'INTÉRÊT
NATIONAL ART ET CRÉATION DANSE
17 AVENUE DE SARAGOSSE
64000 PAU