Déplacement
Danse LUNDI 26 FÉVRIER 20h30 / Théâtre Saragosse
1H00 / TARIF B

Chorégraphe et danseur syrien, Mithkal Alzghair a étudié la danse classique et moderne à Damas, avant de suivre la formation de danse contemporaine Ex.er.ce, au centre chorégraphique national de Montpellier. En 2016, il crée Déplacement, un solo et un trio qui abordent de manière très physique la question de l’exil. La recherche de Mithkal Alzghair est centrée sur le patrimoine de la culture syrienne, ses traditions et ses physicalités, sa transe, ses dynamiques et ses répétitions. A travers sa création, le chorégraphe cherche à saisir par quels processus d’imprégnation et de contagion de la réalité sociale et politique les danses traditionnelles syriennes se sont construites. Il tente ainsi, dans le champ poétique, d’ouvrir un espace de questionnement de l’héritage de la dictature, de la guerre et de l’exil. Le solo met en perspective les notions de déplacement, d’urgence, de fuite, d’errance... Inscrit dans son prolongement, le trio se lit comme une tentative de créer un espace de protestation, une manière d’expérimenter l’intégration du corps de l’individu au sein du groupe. Récompensé au concours chorégraphique Danse élargie 2016, Déplacement est une oeuvre forte et lyrique. Mithkal Alzghair décompose et recompose les traces d’une histoire et d’une terre d’origine marquées à même la chair et poursuit la déconstruction jusqu’à une libération possible par la réinvention de soi.

Chorégraphie Mithkal Alzghair / Interprètes Rami Farah, Samil Taskin, Mithkal Alzghair / Conseils dramaturgiques Thibaut Kaiser / Création lumière Séverine Rième / Crédits photos Dajana Lothert & Dani Abo Louh

+ PRODUCTIONS

Co-production Godsbanen – Aarhus (Danemark), Musée de la Danse- CCN de Rennes et de Bretagne, la fondation AFAC, Les Treize Arches- Scène conventionnée de Brive / Avec le soutien de Centre national de la Danse – Pantin, dans le cadre des résidences augmentées, Studio Le Regard du Cygne, Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée danse de Tremblay-en-France, ARCADI Île-de-France / Cette oeuvre a reçu le Premier Prix au concours Danse élargie 2016 organisé par le Théâtre de la Ville-Paris et le Musée de la danse-Rennes, en partenariat avec la Fondation d’entreprise Hermès.

Chorégraphe et danseur syrien, Mithkal Alzghair a étudié la danse classique et moderne à Damas, avant de suivre la formation de danse contemporaine Ex.er.ce, au centre chorégraphique national de Montpellier. En 2016, il crée Déplacement, un solo et un trio qui abordent de manière très physique la question de l’exil. La recherche de Mithkal Alzghair est centrée sur le patrimoine de la culture syrienne, ses traditions et ses physicalités, sa transe, ses dynamiques et ses répétitions. A travers sa création, le chorégraphe cherche à saisir par quels processus d’imprégnation et de contagion de la réalité sociale et politique les danses traditionnelles syriennes se sont construites. Il tente ainsi, dans le champ poétique, d’ouvrir un espace de questionnement de l’héritage de la dictature, de la guerre et de l’exil. Le solo met en perspective les notions de déplacement, d’urgence, de fuite, d’errance... Inscrit dans son prolongement, le trio se lit comme une tentative de créer un espace de protestation, une manière d’expérimenter l’intégration du corps de l’individu au sein du groupe. Récompensé au concours chorégraphique Danse élargie 2016, Déplacement est une oeuvre forte et lyrique. Mithkal Alzghair décompose et recompose les traces d’une histoire et d’une terre d’origine marquées à même la chair et poursuit la déconstruction jusqu’à une libération possible par la réinvention de soi.

DISTRIBUTION

Chorégraphie Mithkal Alzghair / Interprètes Rami Farah, Samil Taskin, Mithkal Alzghair / Conseils dramaturgiques Thibaut Kaiser / Création lumière Séverine Rième / Crédits photos Dajana Lothert & Dani Abo Louh

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BIOGRAPHIE

Mithkal Alzghair
Mithkal Alzghair est chorégraphe, danseur, syrien, né en 1981. Il a étudié entre l’Orient (Institut supérieur d’art dramatique de Damas, Syrie, spécialité en danse classique et moderne) et l’Occident (master d’études chorégraphiques « ex.er.ce », Centre chorégraphique national de Montpellier, France). Il a été interprète pour différents chorégraphes et a notamment collaboré avec la compagnie de théâtre italienne, In-Occula, pour le projet européen CRACK. Il crée Déplacement en mars 2016, un solo et un trio qui questionne son héritage dans le contexte de l’exil. Ce spectacle a gagné le 1er prix du Concours Danse élargie 2016 organisé par le Théâtre de la Ville à Paris et le Musée de la danse / CCN de Rennes et de Bretagne.


NOTES

Déplacement est un spectacle composé de deux parties : un solo, en cours d’écriture depuis l’automne 2014, et un trio qui sera créé en mars 2016. Ma recherche est centrée sur le patrimoine de la culture syrienne, ses traditions et ses physicalités, sa transe, ses dynamiques et ses répétitions. J’essaie de comprendre d’où viennent ses danses traditionnelles, par quels processus d’imprégnation et de contagion de la réalité sociale et politique se sont-elles construites. Ma tentative est d’ouvrir un espace de questionnement de cet héritage : l’héritage militaire, l’héritage de la dictature, l’héritage des régimes autoritaires, la révolution, la guerre, le déplacement. La nécessité de cette création est liée à ce que je vois aujourd’hui sur la question du déplacement et de la migration : la violence, les meurtres, les massacres, les conflits et les révolutions au Moyen-Orient. Je cherche à identifier l’identité du corps syrien, de l’héritage reçu, vécu et construit, au regard des conditions politiques, sociales et religieuses que nous traversons actuellement. Quelle est l’identité d’une société formée sous la domination ou la dictature coloniale ? Celle de ceux qui vivent la guerre et les migrations, est-elle différente ? Quel est l’espace de liberté de ces corps ? Quelles sont les contraintes et les idéologies qui y sont inscrits, et comment y faire face ? Ma recherche est sur ce dont j’ai hérité, mais j’ai aussi la volonté de participer à la reconstruction d’un héritage qui est actuellement en cours. Il y a ainsi pour moi une urgence et une nécessité de montrer au monde les réalités du conflit syrien, tant dans l’espoir de liberté qu’il ouvre que dans les horreurs dont il est emprunt. Étant à l’extérieur de ces événements, il est nécessaire d’être présent par l’art pour parler du contexte syrien et de le mettre en question dans mon travail. Cela me donne une raison de danser, d’être présent sur scène. Cette recherche s’articule entre tradition et contemporanéité, entre mon passé syrien et ma situation actuelle de chorégraphe de danse contemporaine, entre ma formation au Moyen-Orient et celle en France. Sans chercher à retrouver un passé qui n’est plus ou à inventer un futur sans souvenirs, je tente de comprendre comment l’identité syrienne se construit, à partir de mon propre réel.
Mithkal Alzghair


ENTRETIEN

En résidence aux Treize Arches, le chorégraphe syrien Mithkal Alzghair revient sur son travail artistique influencé par la situation de son pays. Le chorégraphe et danseur syrien Mithkal Alzghair, âgé de 35 ans, est en France depuis 2010 et a obtenu le statut de réfugié politique en 2013. Ses pièces sont marquées par les évènements en Syrie ; il a d’abord travaillé sur les corps suspendus, les corps morts avant de s’interroger sur la question de l’exil.

Pourquoi être venu en France en 2010 ?
Pour deux raisons. La première a été l’envie de développer ma formation chorégraphique commencée à l’Institut supérieur d’art dramatique à Damas (danse classique et moderne). De 2011 à 2013, j’ai pu suivre un master d’études chorégraphiques au centre chorégraphique national de Montpellier. La deuxième raison a été d’éviter le service militaire en Syrie, qui est obligatoire.

Pouviez–vous vous exprimer librement dans votre pays ?
En Syrie, on grandit avec les interdits, dans les paroles politiques, les discussions vers le gouvernement, vers la religion. Il y a beaucoup de tabous. Mais ça ne m’a pas empêché de m’exprimer dans la danse, même si les conditions n’étaient pas idéales. Et c’est intéressant de voir comment les artistes, comme les cinéastes iraniens, arrivent quand même à prendre position avec des interdits. De toute manière, on n’est jamais complètement libre. Je viens d’un pays à la culture de dictature et j’apprends en France comment on peut vivre dans un système capitaliste qui est une autre sorte de prison.

Après vos études en France, vous n’avez pas pu rentrer dans votre pays ?
La révolution a éclaté en Syrie quand j’étais à Montpellier (en 2011). À la fin de mes études, en 2013, j’ai demandé le statut de réfugié politique, que j’ai obtenu : si je rentrais chez moi, je devais intégrer l’armée syrienne.

Une situation qui a fortement orienté votre démarche artistique.
La réalité a influencé mon travail d’artiste. Je travaille sur la place du corps de l’homme dans un contexte de violences politiques et de révolution, sur les images de corps morts, suspendus. Je suis de loin les événements dans mon pays par des contacts avec ma famille, mes amis qui sont en Syrie, par Internet, par les médias. Je veux ainsi montrer une réalité qui n’est pas donnée par les médias. Votre art vous permet ainsi de vous engager. Dans l’art, on parle de la vie. La danse me permet de m’exprimer, de me positionner. Je suis un artiste, pas un politicien et je me suis questionné sur mon rôle dans ce contexte de guerre. Et depuis le début, j’ai compris la nécessité, pour moi et pour tous les Syriens, de parler de ce qui se passe dans notre pays. La danse est devenue une forme de manifestation, de lutte par la scène ; elle permet de trouver la force d’affronter le pouvoir des armes, la violence.

Comme dans votre dernière pièce Déplacement ?
J’ai intégré des pas de danse traditionnelle pour questionner l’héritage des corps syriens en temps de guerre et d’exil. La Syrie est un pays très attaché à sa culture et à ses racines ; le paradoxe avec le fait de se déplacer est la déconstruction de tout le passé. La solution est-elle de rester bloqué en Syrie ou de venir ici ? Je ne sais pas, c’est un choix personnel. La solution serait-elle d’arrêter d’amener des armes, d’ouvrir les frontières pour une même égalité pour tous ?

Êtes–vous attaché à vos racines ?
Oui et non. Je suis attaché à certaines traditions, pas pour les garder à tout prix mais pour ne pas oublier les richesses qui sont en nous. Pour chacun de nous, l’héritage est en effet notre richesse. J’espère pouvoir revenir dans mon pays, faire quelque chose en danse là-bas. D’où je viens, c’est important. Mais je ne sais pas si j’y habiterai à nouveau. Ma place, c’est le monde ; j’ai la possibilité de créer des projets partout ; je présente mes pièces dans plusieurs pays : Danemark, Italie, Belgique mais je ne peux pas retourner dans mon pays pour l’instant.

Comment pensez–vous que la guerre en Syrie peut s’arrêter ?
Cela dépend des décisions internationales des grands pays, comme les États-Unis et la Russie, qui vont décider du futur de notre pays ou de ses régions. Cela dépend des projets à venir dans le gaz, le pétrole. On est lié à ça !
Entrien avec Mithkal Alzgair, Christine Moutte, La Montagne, le 25 novembre 2016.


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