METTE INGVARTSEN
THE ARTIFICIAL NATURE PROJECT
Danse jeudi 02 avril 20h30 / Maison de l’étudiant
1h00 / TARIF B

Du tableau merveilleux au chaos ultra-violent, de la contemplation enchantée à l’inquiétude active... The Artificial Nature Project, de la chorégraphe Mette Ingvartsen, est une métaphore magistrale des rapports de l’homme à son environnement. Eve beauvallet, 10. déc. 2012, mouvement.net

The Artificial Nature Project, véritable boîte de Pandore chorégraphique, est le dernier-né de quatre spectacles dans lesquels la chorégraphe danoise Mette Ingvartsen examine les phénomènes naturels et les sensations qu’ils provoquent. La lumière met en mouvement le plateau, faisant naître une série d’images dans un usage immersif de la scénographie. Sondant les qualités intrinsèques de la matière, sept performeurs suscitent, machines à l’appui, des mouvements naturels de laves, de neiges incandescentes, des essaims miroitants… Au fil des images se dessine une allégorie de la place de l’homme dans son environnement, reflétant l’illusion d’un contrôle sur la nature, sans cesse rattrapé par l’entropie du vivant.

Mette Ingvartsen travaille alternativement à Berlin et à Bruxelles. En 2004, elle a achevé ses études à l’école bruxelloise de danse contemporaine P.A.R.T.S. Dès 2002, elle commence à construire une oeuvre chorégraphique intensément physique.

CONCEPTION ET CHORÉGRAPHIE METTE INGVARTSEN
PERFORMANCE FRANZISKA AIGNER, ILSE GHEKIERE, SIRAH FOIGHL BRUTMANN, SIDNEY LEONI, MARTIN LERVIK, MANON SANTKIN
LUMIÈRES MINNA TIIKKAINEN
MUSIQUE PETER LENAERTS
DRAMATURGIE BOJANA CVEJIC
DIRECTEUR TECHNIQUE HANS MEIJER
TECHNICIEN SON ADRIEN GENTIZON
TECHNICIENNE LUMIÈRES SUSANA ALONSO
GESTION DE PRODUCTION KERSTIN SCHROTH
CRÉDIT PHOTO JAN LIETAERT

Du tableau merveilleux au chaos ultra-violent, de la contemplation enchantée à l’inquiétude active... The Artificial Nature Project, de la chorégraphe Mette Ingvartsen, est une métaphore magistrale des rapports de l’homme à son environnement. Eve beauvallet, 10. déc. 2012, mouvement.net

The Artificial Nature Project, véritable boîte de Pandore chorégraphique, est le dernier-né de quatre spectacles dans lesquels la chorégraphe danoise Mette Ingvartsen examine les phénomènes naturels et les sensations qu’ils provoquent. La lumière met en mouvement le plateau, faisant naître une série d’images dans un usage immersif de la scénographie. Sondant les qualités intrinsèques de la matière, sept performeurs suscitent, machines à l’appui, des mouvements naturels de laves, de neiges incandescentes, des essaims miroitants… Au fil des images se dessine une allégorie de la place de l’homme dans son environnement, reflétant l’illusion d’un contrôle sur la nature, sans cesse rattrapé par l’entropie du vivant.

Mette Ingvartsen travaille alternativement à Berlin et à Bruxelles. En 2004, elle a achevé ses études à l’école bruxelloise de danse contemporaine P.A.R.T.S. Dès 2002, elle commence à construire une oeuvre chorégraphique intensément physique.

DISTRIBUTION

CONCEPTION ET CHORÉGRAPHIE METTE INGVARTSEN
PERFORMANCE FRANZISKA AIGNER, ILSE GHEKIERE, SIRAH FOIGHL BRUTMANN, SIDNEY LEONI, MARTIN LERVIK, MANON SANTKIN
LUMIÈRES MINNA TIIKKAINEN
MUSIQUE PETER LENAERTS
DRAMATURGIE BOJANA CVEJIC
DIRECTEUR TECHNIQUE HANS MEIJER
TECHNICIEN SON ADRIEN GENTIZON
TECHNICIENNE LUMIÈRES SUSANA ALONSO
GESTION DE PRODUCTION KERSTIN SCHROTH
CRÉDIT PHOTO JAN LIETAERT

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BIOGRAPHIE

Née en 1980 à Copenhague, Mette Ingvartsen étudie à Amsterdam, puis à Bruxelles où elle est diplômée de P.A.R.T.S. en 2004. Depuis 2002, elle monte ses propres projets ou s’engage dans différentes collaborations : Solo Negatives, Manual Focus, Out of Order, 50/50, To Come, The Making of the Making of, Why We Love Action et dernièrement le projet YouTube Where is my privacy, It’s in The Air en collaboration avec Jefta van Dinther, Evaporated Landscapes, All the way out there et Giant City.
Depuis 2005, elle oeuvre à « Everybodys », stratégies d’« open source » dont l’objet est de produire des jeux et des outils de développement utilisables par tous. Elle fait partie du collectif Coco qui a présenté en 2008 Breeding, Brains and Beauty, performances théâtrales de Jan Ritsema et Bojana Cvejic. La documentation, l’écriture et la performance constituent ses champs d’intervention. Parallèlement à cette démarche, elle s’implique dans des recherches sur l’éducation, les modes et les structures de production des arts du spectacle, notamment par le biais du projet 6Months 1Location, mené en 2008.


NOTES

The Artificial Nature Project est la dernière d’une série de quatre pièces de Mette Ingvartsen, mettant en scène les perceptions et les sensations suscitées par la nature. Son intérêt pour la mise en fiction et la chorégraphie des phénomènes naturels naît en 2009 avec Evaporated Landscapes, une installation performance dénuée de présence humaine où l’acte performatif en lui-même était abandonné au profit de matières telles que des bulles, de la mousse, du brouillard, du son et de la lumière. (...) Des matières traversent l’air pour donner naissance à un paysage qui se transforme en permanence. Tout au long de la pièce, le panorama ne cesse de changer : une scène calme et contemplative peut se transformer en un énergique chaos d’éléments projetés dans les airs. Ou encore, une vague submergeante devient un orage de confettis tourbillonnant dans l’air, précipités à travers le plateau. La scène du théâtre est recouverte de divers objets, de matériaux bruts qui la traversent, créant un désordre désastreux à partir de choses petites, épaisses, grosses, lourdes, fines, cassables et résistantes. Les matériaux sont mis en mouvement par les danseurs, formant un corps qui n’est plus fait de chair humaine mais plutôt d’une masse flottante et virevoltante. La chorégraphie qui en émerge est mise en oeuvre par des performeurs humains pour une part, non-humains pour l’autre. Les mouvements métamorphosent l’apparence et la perception de ces matières en une variété de formes : d’une sculpture abstraite, d’un grouillement animal, à la tempête de sable qui ensevelit les humains pris dans sa tourmente. Une image est remplacée par l’autre, alternant rapidement notre perception d’un paysage étincelant.


ENTRETIEN

Mette Ingvartsen
Ce qui m’intéresse dans le cadre d’un dispositif scénique, c’est comment renverser cette relation : que se passe-t-il lorsque l’action humaine n’est plus au centre de l’attention ? Et comment créer un spectacle à partir de matériaux « actifs », de manière à ce que les performeurs bougent toujours en relation avec eux. Au théâtre, l’accessoire est là pour servir, pour montrer. Historiquement, il y a eu des tentatives importantes pour les détourner de cette fonction – les Ballets mécaniques par exemple, mais où l’accent était porté sur les choses en tant que machines. Pour ma part, j’aimerais mettre l’accent sur la matière, sur les flux, les processus immatériels.
Actuellement, je travaille beaucoup sur cette « chose » étrange que sont les confettis. L’apparence des confettis dépend de la manière dont ils sont mis en mouvement : quand on les lance, on dirait de la neige, mais si on les souffle, ils peuvent rappeler une tempête de sable... Je voudrais faire en sorte que les agencements de choses deviennent plus importants que l’action des corps. Cependant, les corps doivent rester présents pour que le glissement soit apparent – le passage de l’action humaine à des processus non exclusivement humains. C’est sans doute la grande différence avec les trois projets précédents – où le corps humain était absent en tant qu’acteur à part entière. (…) Quand on pense à la nature, c’est souvent d’abord en terme de contemplation. Regarder la mer, les nuages, marcher dans la forêt... D’une part, il me paraît intéressant de chercher à recréer cet état de manière artificielle, de transformer le théâtre en un lieu où ce type de sensation peut se produire. Et en même temps j’aime beaucoup l’aspect sauvage, un peu fou, qui se dégage de la manipulation des matériaux : courir dans tous les sens, essayer d’éviter que les choses ne tombent, envoyer des confettis... Cette débauche d’énergie peut être vue à la fois comme quelque chose de ludique, et comme un état de survie – selon la façon dont on la regarde. De manière générale, j’ai besoin de mettre en scène une tension, une dynamique entre des états ou des affects contradictoires. Propos recueillis par Gilles Amalvi


PRESSE

Le grand talent de la Franco-Danoise Mette Ingvartsen – déjà repérée pour ses curieuses performances environnementales – est d’avoir choisi, pour évoquer le désastre, de chorégraphier à partir d’un matériau paradoxalement séduisant et festif : des milliards de confettis dorés. Un matériau pauvre et tout à fait merveilleux, le genre de paillettes associées aux dancefloors et à la féerie mais qui peuvent devenir menaçantes dès lors qu’elles s’amoncellent par dizaines de milliers sur le plateau.
The Artificial Nature Project est d’abord la construction d’un éco-système inouï à partir de cette matière : on se délecte des propriétés luminescentes des confettis, on étudie leur poids, leur vitesse de déplacement, leur température. On skotche devant ces tableaux abstraits comme devant une étrange boule à neige, ou plutôt, comme devant le microscope d’un physicien, avec la même fascination à voir se métamorphoser les organismes vivants, à observer les phénomènes élémentaires invisibles à l’oeil nu. Mais cette nature artificielle recréée sur le plateau est vite perturbée par l’arrivée des huit performers, chargés de générer la masse de paillettes, mais aussi de la contrôler, de la maîtriser et de la nettoyer. C’est bientôt « une catastrophe naturelle en miniature » que Mette Ingvartsen dit reproduire à moindre échelle : la neige douce et dorée des débuts s’est transformée en mini-tornades et micro-tsunamis. Les tableaux abstraits ont laissé place à une performance physique chaotique. Et la menace se superpose à la féerie dans une gradation dramatique puissante.
C’est là le génie de l’opération : la superposition des registres, la totale ambiguïté de lecture. Voeu pieu de trop de performances « conceptuelles », l’indétermination fonctionne ici à plein : les courses des interprètes pour maîtriser les confettis sont-elles des courses festives ou des courses de panique ? Impossible à dire. Dans le chaos général et miroitant qui s’est imposé sur le plateau, entre les milliards de paillettes amassées au sol et celles qui s’envolent violemment comme des nuées d’insectes, qui de l’homme ou de la « nature artificielle » génère réellement le mouvement ? Aucune idée… Difficile de trancher sur le statut et la fonction des performeurs : au début simple techniciens ou agents d’entretiens, effacés derrière le spectacle de la matière, ils deviennent progressivement les marionnettes aux mains de phénomènes physiques qu’ils ont eux mêmes générés. Au final, est-ce la fête ou la débâcle ? Doit-on contempler sans craindre ? Peut-on craindre en s’extasiant ? Aussi enchanteur qu’anxiogène, The Artifical Nature Project enchevêtre superbement hypnose et mise à distance, conceptuel et spectaculaire.
Pas de symbolisme appuyé, pas de brûlot écolo et pourtant, on ressent juste de façon vague un curieux état d’urgence. Mouvement.net, Eve Beauvallet, 10 décembre 2012.

The Artificial Nature Project, spectaculaire feu d’artifice, bombardement, tourbillon, tempête de sable, tremblement de terre... Une pluie lumineuse et scintillante envahit l’espace de la scène de la salle Guy Ropartz. Les danseurs équipés comme des travailleurs de centrale nucléaire, brassent énergiquement cette poussière brillante, ces particules envahissantes et mobiles, sans cesse en mouvement faisant penser tantôt à des jets d’eau, des éruptions volcaniques, des catastrophes naturelles. Dans The Artificial Nature Project, accueilli au festival Mettre en scène, la chorégraphe danoise Mette Ingvartsen, fait voler les matériaux dans tous les sens. Les sept danseurs disparaissent derrière la matière, comme si les éléments naturels avaient pris le dessus sur l’homme pour ne laisser parfois qu’un paysage de chaos, de ruines qu’il faut reconstruire. Éternellement.
L’homme semble perdre le contrôle, impuissant dans cet environnement qu’il peine à maîtriser.
Si la pièce réserve parfois quelques longueurs, plusieurs tableaux sont saisissants et fascinants. Ouestfrance.fr, A. L. M., 12 novembre 2012.


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