Christoph Marthaler
UNE ÎLE FLOTTANTE
Théâtre Mer 14 et jeu 15 janvier 20h30 / Le Parvis - Tarbes
2h20 / TARIF A

Présenté par le Parvis Scène Nationale, en partenariat avec Espaces Pluriels.

Le metteur en scène suisse Christoph Marthaler, maître de la lenteur, de l’ironie et du décalage, met en scène la condition humaine avec tendresse et humour.

Accompagné d’une troupe d’acteurs exceptionnels, il invente une poésie scénique singulière et loufoque, faite de paroles, de chants et de musique, et livre ici sa version de La Poudre aux yeux d’Eugène Labiche. Deux familles se retrouvent sur scène pour convenir d’un mariage, l’une française, l’autre allemande. Pour faire monter la dot ou impressionner l’autre parti, chacun exagère sa propre richesse, jusqu’à ne plus pouvoir tenir l’escalade des mensonges.

Dans un décor de mauvais goût savamment élaboré par la scénographe Anna Vibrock, Marthaler ralentit les chassés-croisés et les déraillements usuels du vaudeville. Les dialogues s’étirent pour faire ressortir des faits minuscules : un silence gêné, un mensonge qui sonne faux, un bibelot ridicule que l’on chérit. La bascule dans la lenteur contribue à la charge burlesque de cette mise en scène riche en faux départs, en gags et en contresens. En amuseur moraliste, Marthaler nous confronte avec un conformisme qui ne concerne pas que la bourgeoisie. Derrière les pirouettes absurdes des personnages, la fable fait un sort à notre manière de tricher avec la réalité pour maquiller nos petites faiblesses.

MISE EN SCÈNE CHRISTOPH MARTHALER
SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES ANNA VIEBROCK
DRAMATURGIE MALTE UBENAUF
AVEC CARINA BRAUNSCHMIDT, MARC BODNAR, CHARLOTTE CLAMENS, RAPHAEL CLAMER, CATRIONA GUGGENBÜHL, UELI JÄGGI, GRAHAM F. VALENTINE, NIKOLA WEISSE
CRÉDIT PHOTO SIMON HALLSTRÖM, ICONIQ STUDIO GMBH

Le metteur en scène suisse Christoph Marthaler, maître de la lenteur, de l’ironie et du décalage, met en scène la condition humaine avec tendresse et humour.

Accompagné d’une troupe d’acteurs exceptionnels, il invente une poésie scénique singulière et loufoque, faite de paroles, de chants et de musique, et livre ici sa version de La Poudre aux yeux d’Eugène Labiche. Deux familles se retrouvent sur scène pour convenir d’un mariage, l’une française, l’autre allemande. Pour faire monter la dot ou impressionner l’autre parti, chacun exagère sa propre richesse, jusqu’à ne plus pouvoir tenir l’escalade des mensonges.

Dans un décor de mauvais goût savamment élaboré par la scénographe Anna Vibrock, Marthaler ralentit les chassés-croisés et les déraillements usuels du vaudeville. Les dialogues s’étirent pour faire ressortir des faits minuscules : un silence gêné, un mensonge qui sonne faux, un bibelot ridicule que l’on chérit. La bascule dans la lenteur contribue à la charge burlesque de cette mise en scène riche en faux départs, en gags et en contresens. En amuseur moraliste, Marthaler nous confronte avec un conformisme qui ne concerne pas que la bourgeoisie. Derrière les pirouettes absurdes des personnages, la fable fait un sort à notre manière de tricher avec la réalité pour maquiller nos petites faiblesses.

DISTRIBUTION

MISE EN SCÈNE CHRISTOPH MARTHALER
SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES ANNA VIEBROCK
DRAMATURGIE MALTE UBENAUF
AVEC CARINA BRAUNSCHMIDT, MARC BODNAR, CHARLOTTE CLAMENS, RAPHAEL CLAMER, CATRIONA GUGGENBÜHL, UELI JÄGGI, GRAHAM F. VALENTINE, NIKOLA WEISSE
CRÉDIT PHOTO SIMON HALLSTRÖM, ICONIQ STUDIO GMBH

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BIOGRAPHIE

Né à Erlenbach, dans le canton de Zürich, Christoph Marthaler est d’abord formé comme hautboïste et flûtiste avant d’intégrer le monde théâtral. Il y fait ses premiers pas à l’École Lecoq dans l’après-mai 68 à Paris. Inspiré par ces deux univers artistiques, il crée des pièces où musique et paroles ne cessent de dialoguer. Son premier spectacle musical, Indeed, naît en 1980 à Zürich. Différents projets suivront, dont, en 1988, une performance se déroulant dans la gare de Bâle, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Nuit de cristal. Une année plus tard, il parodie l’hymne nationale helvétique avec Quand le cor des alpages se mue, Suisse, tue, tue !!, performance dans laquelle des soldats suisses entonnent inlassablement « Die Nacht ist ohne Ende » (La nuit est sans fin).
Sa rencontre avec la scénographe Anna Viebrock et la dramaturge Stephanie Carp, en 1991, nourrit son parcours d’une riche collaboration. Après avoir réalisé des spectacles d’anthologie, dont le Faust de Pessoa ou encore Casimir et Caroline de Horváth, il dirige la Schauspielhaus de Zürich de 2000 à 2004. Depuis cette période, ses créations se succèdent sur la scène théâtrale, notamment Groundings, une variation de l’espoir en 2004, Riesenbutzbach. Une colonie permanente en 2009, Papperlapapp en 2010, pièce née de son statut d’artiste associé au Festival d’Avignon, Meine Faire Dame. Ein Sprachlabor en 2012, puis King size et Letzte Tage. Ein Vorabend en 2013.
Le metteur en scène se distingue par une esthétique innovante, ancrant ses pièces dans des décors du quotidien, telles des salles d’attente ou de café, bousculant ainsi les formes de représentations. Maître de la lenteur, de l’ironie et du décalage, il a inventé une poésie scénique tout à fait singulière, faite de paroles, de chants, de musique. En 2014, Christoph Marthaler a créé Heimweh & Verbrechen (mal du pays et ruptures) au Deutsches Schauspielhaus de Hambourg, et Les Contes d’Hoffmann, au Teatro Real Madrid en mai.


NOTES

Note de la compagnie
Marthaler met en scène ici sa vision étirée de La Poudre aux yeux, pièce en deux actes d’Eugène Labiche, jouée pour la première fois en 1861. Le synopsis est très simple : Emmeline Malingear et Frédéric Ratinois s’aiment, leurs familles se rencontrent. Les Malingear parlent français, les Ratinois allemand. Pour faire monter la dot et pour impressionner l’autre parti, chacun des deux couples de parents exagère sa propre richesse, jusqu’à ne plus pouvoir tenir cette escalade de mensonges.
D’une certaine manière, avec cette production du Theater Basel, Christoph Marthaler donne raison à Grüber contre Labiche lui-même. L’auteur français de vaudeville écrivait de son propre théâtre : « Une pièce est une bête à mille pattes qui doit toujours être en route. Si elle se ralentit, le public baille ; si elle s’arrête, il siffle. » Alors que le grand metteur en scène allemand Klaus Michael Grüber, qui a monté une mémorable Affaire de la rue Lourcine en 1989, voit les choses au rebours : « La règle pour de telles pièces : ralentir ou accélérer. Ne pas entrer dans la psychologie des profondeurs. Avec ce principe tout devient lumineux. » Marthaler a bien sûr choisi le pas lent. De fait, dans Das Weisse vom Ei (Une Ile flottante), seule l’ouverture donnée par les huit comédiens devant le grand rideau rouge sacrifie à la vitesse des chassés-croisés et déraillements usuels du vaudeville : c’est pour donner la règle du croisement des langues, allemand et français, ainsi qu’une sorte de résumé incompréhensible et hilarant des liens de famille entre les uns et les autres. Mais dès que les personnages traversent le rideau et entrent dans l’effroyablement (et délibérément) décor de « mauvais goût » d’Anna Viebrock, ils ralentissent : les répliques, la diction, les déplacements, tout est mis à plat, vidé de vie et comme verni par l’ennui. Une cloche sonne en arrière-fond, sans discontinuer. (...) Rien d’autre à faire que d’entrer dans ce mauvais rythme qui distend toute la pièce, comme pour en faire mieux ressentir certains reliefs minuscules : un silence gêné entre une future belle-mère et une future belle-fille, un bobard qui sonne faux, un bibelot ridicule avec lequel on est surpris par un visiteur...
Rien d’autre à faire que d’accepter cette mauvaise diction appliquée qui met à jour l’inanité de la plupart des dialogues. Mais cette bascule dans la lenteur et la platitude est bientôt gratifiée par la charge burlesque de cet univers. La mise en scène est pleine de slapsticks, de faux départs, de vrais quiproquos, de contresens, de stupeurs. On ne s’appesantit jamais, mais la pièce est constamment sous décalage, prise en écharpe dans des musiques impayables. Et ce qui travaille cette pièce de manière tout particulièrement savoureuse, c’est le bilinguisme. (…) Accents, bégaiements, aphasie : la communication ne peut que s’enrayer lorsque aucune authenticité n’est au rendez-vous entre les êtres. (…) Le public rit parce que ces bourgeois qui se poussent du col sont gentiment mais continûment ridicules. Pourtant, au-delà de cette moquerie qu’il serait trop facile de garder pointée sur la bourgeoisie du Second Empire, flotte une critique sociale bien réelle. Marthaler nous met face à toutes ces petites reconstructions de la réalité auxquelles nous nous livrons sans cesse pour accommoder nos vies, tenir nos apparences et nos comportements face au regard des autres, maquiller nos faiblesses, nos trouilles. Il nous confronte à cette terrible chose qu’est le conformisme. Et en cela, le metteur en scène occupe la même double position que Labiche : amuseur et observateur, gagman et moraliste.


PRESSE

Comme son titre l’indique, Das Weisse vom Ei – Une île flottante, le spectacle est en grande partie bilingue.
Marthaler tire son spectacle des textes d’Eugène Labiche et amène deux familles de la bourgeoisie parisienne sur le sol glissant d’une comédie de « slapstick », tout en suscitant le rire du public, également fasciné par la scénographie d’Anna Viebrock. Ses acteurs ennoblissent pour la troisième fois le petit plateau du Theater Basel avec une nouvelle parodie. Cette pièce fait bien plus que bousculer l’histoire du théâtre et ce, nous le devons aux qualités inhérentes aux protagonistes mis en scène par Marthaler. Traduction d’un extrait du Basler Zeitung.

Marthaler propose au public une fuite vers le non-sens, car en fin de compte la vie n’est probablement pas cette histoire héroïque, faite de moral et d’amour, que Labiche ou d’autres auteurs veulent nous raconter ; elle serait plutôt un trébuchement comique, un bégaiement, comme celui que prononce Nikola Weisse à la fin de la pièce : « Je...je... maison ». Le théâtre de Marthaler profite à tous ceux qui veulent se débarrasser des problèmes du quotidien et célébrer, en groupe, les instants hilarants du moment présent. Traduction d’un extrait du Tages-Anzeiger.

Au Theater Basel, Christoph Marthaler présente un beau mélange théâtral, à la fois sérieux et comique, avec Das Weisse vom Ei (Une île flottante). Les spectateurs sont saisis par un marasme troublant, jusqu’à ce que l’ambiance et les personnages, dont l’acteur aguerri Graham F. Valentine, réalisent des pirouettes absurdes et incongrues, dignes du plus grand art théâtral. Pendant la pièce, le public s’amuse beaucoup, sans toutefois prêter attention à la précision avec laquelle Marthaler démonte le comportement type de la bourgeoisie et, par là, le comportement du public lui-même. Les spectateurs de Marthaler rentrent facilement dans le spectacle ; ils rient à perdre haleine des blagues, des calambours et du « slapstick ». Mais il importe surtout de découvrir le propos sous-jacent à Das Weisse vom Ei (Une île Flottante). Traduction d’un extrait du Süddeutsche Zeitung.


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