Merci au public (Plurielles 1998)

festival de danse Plurielles 1998

La pierre sur laquelle il se reposait était le seul témoin de ses pensées. Mis à part les chèvres, bien sûr, qui connaissaient depuis la nuit des temps le moindre de ses gestes.

« Excusez-moi Madame, mais quand le monde apprenait à lire et à écrire ... » C’était la seule phrase qu’il répétait correctement avec une savoureuse politesse. Le reste du temps, il ne connaissait que le silence, et les chèvres bien sûr. Par hasard, il avait appris que l’on pouvait « lire l’alphabet entier du désir quand une main traverse l’air à la rencontre d’une autre main. » [1]
Mais il était inhabituel qu’il croisât d’autres gens. A vrai dire, il ne connaissait que l’espace. L’espace rare qui fait bouger sans cesse toutes sortes de désirs.

Cet homme aux grands yeux clairs ne connaissait rien du monde. Mais n’importe quel chorégraphe eût appris de lui que le silence pouvait s’ouvrir à la présence charnelle et généreuse du corps. Après tout, si ce monde est pressé, qu’il apprenne à vivre avec le temps.

Et s’il ne restait que le silence, ce serait le plus beau cadeau que vous offrent les cent-trente danseurs, musiciens, techniciens et exposants qui vous ont accueillis pendant ce mois de Festival.

Merci à vous tous.
Merci à Léo

Michel Vincenot - 3 Avril 1998
ESPACES PLURIELS
SCÈNE CONVENTIONNÉE
DANSE / PAU
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